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30.11.04

Courrier international : Gazprom veut avaler l'essentiel de Ioukos et devenir un grand du pétrole

Le géant gazier russe Gazprom a mis fin au suspense mardi et annoncé son intention de participer aux enchères pour acquérir la principale filiale du pétrolier en difficulté Ioukos, affichant ainsi son ambition de devenir un poids lourd du secteur pétrolier.

Un mois à peine après sa naissance officielle, Gazpromneft, la nouvelle filiale pétrolière de Gazprom, qui rassemble les actifs pétroliers du groupe gazier et de la compagnie publique russe Rosneft, a dévoilé des projets de croissance accélérée.

Le président de Gazpromneft, Sergueï Bogdantchikov, a annoncé que son groupe serait candidat à l'acquisition de 76,8% des actions de Iouganskneftegaz, la filiale qui produit 62% du brut de Ioukos.

Ces actifs doivent être vendus aux enchères le 19 décembre pour une mise de départ de 8,65 milliards de dollars afin d'éponger une partie de la dette fiscale colossale de Ioukos.

Avec une telle acquisition, la production annuelle de Gazpromneft passerait de 37 millions de tonnes (Mt) actuellement, à 88 voire 90 Mt dès l'année prochaine et à 120 Mt en 2010, ce qui lui permettrait de rivaliser avec BP, Shell ou ExxonMobil, a souligné le responsable.

"Il s'agit en fait de la création d'un grand groupe pétrolier", a renchéri le ministre de l'Industrie et de l'Energie russe Viktor Khristenko.

L'action Gazprom était en hausse de 1,85% à 1,1 dollar à la Bourse de Moscou (RTS) peu avant la clôture mardi.

Cette annonce confirme la stratégie des autorités russes de rétablir un contrôle plus étroit de l'Etat sur le secteur pétrolier russe.

"Ce n'est pas une grosse surprise", a observé Valeri Nesterov, analyste de la société d'investissement Troïka Dialog, estimant que les groupes étrangers n'auront aucune chance d'emporter les enchères "hautement politiques" pour Iouganskneftegaz.

"Les seuls doutes que nous ayons portent sur la façon dont Gazprom pourra financer une telle acquisition" alors que l'endettement du géant pétrolier est déjà important. "L'argent devrait venir d'un consortium international", a-t-il suggéré.

M. Bogdantchikov a expliqué que cette décision, qui doit encore être approuvée par le conseil d'administration de Gazprom, avait été suggérée par la Deutsche Bank, qui conseille le géant gazier pour sa stratégie.

La banque allemande a préconisé que Gazpromneft accroisse sa taille en acquérant des groupes de taille moyenne, comme Iouganskneftegaz ou encore Sourgoutneftegaz ou Sibneft, respectivement quatrième et cinquième producteur de pétrole russe, selon M. Bogdantchikov.

La solution qui a été considérée comme "la plus rentable est celle de Iouganskneftegaz", a conclu le responsable russe, soulignant que Gazpromneft pourrait envisager encore d'autres acquisitions.

La recommandation de la Deutsche Bank -- qui avait été révélée la veille par des fuites dans la presse -- "arrive au moment propice pour les autorités" et leur permettra "de minimiser l'arrière-fond politique de la vente d'une filiale de Ioukos", a souligné le journal Vremia Novostieï, mardi.

Mais les propriétaires actuels de Ioukos, qui considèrent la vente soldée des actifs du groupe par la justice comme une expropriation, ont d'ores et déjà annoncé leur intention de contre-attaquer.

"N'importe quel acquéreur de Iouganskneftegaz (...) devra en assumer tous les risques, notamment judiciaires et financiers", a prévenu Tim Osborne, le directeur exécutif de Menatep, le holding qui regroupe les participations des principaux actionnaires de Ioukos, cité par Interfax.

Le ministre du Développement économique Guerman Gref avait dénoncé la semaine dernière les projets visant à faire de Gazprom un "hypermonopole" dans l'énergie.

Gazprom dispose du monopole du transport et des exportations de gaz en Russie, compte pour 86% de la production de gaz du pays et a également acquis récemment des participations importantes dans le secteur de l'électricité russe.


(Dépèche AFP lue dans Courrier International le 30.11.2004)

Voila : Poutine : la justice doit aider à mettre au pas les "oligarques"

Le président russe Vladimir Poutine a dit mardi vouloir poursuivre avec l'aide de la justice sa lutte contre toute influence sur le pouvoir des "oligarques", ces hommes d'affaires au premier rang desquels l'ex-pdg du pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné dans une affaire considérée comme inspirée du Kremlin.

"Nous nous battons contre (l'influence des oligarques sur le pouvoir), et allons continuer à nous battre. Et notre mission, avec vous, est d'empêcher, par des moyens démocratiques et légaux, une telle voie pour le développement de la Russie", a dit le président russe, ouvrant le 6e Congrès des Juges russes qui se déroulait mardi au Kremlin.

"Nous entreprendrons pour cela tout ce qui est en notre pouvoir et nous allons agir ensemble à l'avenir avec le système juridique dans cette direction", a-t-il encore dit, sous les applaudissements de la large assemblée de juges rassemblés dans l'immense salle qui accueillait autrefois le Soviet suprême (parlement soviétique).

Répondant à la déclaration d'un juge selon lequel le pouvoir en Russie dépend de "groupes oligarchiques l'utilisant pour leurs propres intérêts", le président Poutine a déclaré que cette situation persistait "encore en partie" en Russie.

L'ex-pdg de Ioukos, en prison depuis plus d'un an et inculpé de fraude fiscale et d'escroquerie à grande échelle, risque plus de 20 ans de prison au terme d'une affaire motivée selon les analystes par des enjeux tant politiques qu'économiques, autour du premier groupe pétrolier russe.

Celui-ci, acculé à la faillite par une avalanche de redressements fiscaux se chiffrant en milliards de dollars, est voué au démembrement.

La filiale pétrolière du géant gazier Gazprom contrôlé par l'Etat a indiqué mardi qu'elle serait candidate au rachat de ses principaux actifs.

Evoquant par ailleurs la réforme en cours du système judiciaire, M. Poutine a insisté sur le fait qu'il restait "encore beaucoup de problèmes", notamment celui de la corruption des juges.

"La réforme de la justice doit se poursuivre", a-t-il dit, annonçant le dépôt le même jour de plusieurs projets de loi à la Douma (chambre basse du Parlement).

La perspective de nouvelles réformes judiciaires, et l'inquiétude qu'elles suscitent, étaient évoquées mardi par la presse russe.

"L'intrigue principale est de savoir si la justice fera partie de la +verticale du pouvoir+ (pouvoir central fort défendu par M. Poutine) ou bien si on reconnaîtra la primauté de la loi sur la volonté des dirigeants", s'interrogeait même le journal officiel Rossiskaïa Gazeta, évoquant la possible nomination directe par le président de certains responsables judiciaires.

Le président Poutine, très applaudi lors de ce Congrès, a insisté sur "l'indépendance de la justice" et de "la séparation des pouvoirs".

Veniamine Iakovlev, président de la Cour d'arbitrage, a comparé le président Poutine à "ce grand réformateur, Alexandre II", tsar russe qui lança en 1864 une importante réforme administrative et judiciaire.

Le président de la Cour Constitutionnelle, Valeri Zorkine, a lui aussi fait référence à Alexandre II et vanté "un pouvoir fort sans lequel la Russie s'effondre".

(Dépèche AFP lue sur Voila.fr, le 30.11.2004)

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Commentaire :
Evidemment, on n'ose pas espérer, que par "oligarques" le président sous-entende ses bons amis Setchine et Miller. Dans ce cas, compte-tenu du fait que le premier est le beau-père de la fille du procureur général, la phrase de Poutine sur le lien entre certains groupes oligarchique et la justice pourraient avoir un certain sens. Mais il faut signaler que ces liens jouent essentiellement contre Ioukos et son ex-président, dont le procès se déroule avec de nombreuses infractions à la législation dont personne en Russie ne semble se soucier...
29.11.04

Bon anniversaire, Monsieur Lebedev...

Le 29 novembre, Platon Lebedev, associé de Mikhaïl Khodorkovski et président de la Menatep fêtait son anniversaire. A cette occasion, des manifestants du groupe SOVEST avaient déployé devant le Tribunal où se déroulait une n-ième séance du procès une banderole portant l'inscription : "Bon anniversaire, Platon Leonidovich".



Cependant, bien que les audiences du procès soient en principe publiques, les deux délégués du groupe n'ont pas été autorisés à entrer dans la salle du tribunal pour remettre un cadeau à l'accusé. Sa propre famille n'a pas non plus obtenu le droit de lui offrir les fleurs qu'elle avait apportée.
C'est le deuxième anniversaire que Lebedev passe ainsi en prison. Bien qu'il soit gravement malade, il n'a pas été autorisé à être libéré sous caution et est maintenu en détention préventive depuis le 2 juillet 2003.

L'Observatrice, éloignée du lieu des évènements, a dû se contenter d'envoyer un télégramme de félicitation et de soutien...

Dear Mr Lebedev, I'm proud to congratulate you on your birthday. I wish you health, victory in the end of this absurd trial and long years of happy life. God bless you.
27.11.04

Le Monde : Le pétrolier russe Ioukos est au cœur de nombreuses spéculations

Londres de notre correspondant

"Je ne vais pas sacrifier ma vie pour des raisons de politique russe." C'est en ces termes que le directeur financier de Ioukos, Bruce Misamore, a confirmé l'exil à Londres de l'ensemble de l'état-major du premier producteur russe de pétrole.

A l'écouter, la récente vague de perquisitions ordonnée par la justice russe dans les bureaux et au domicile de dirigeants a poussé ces derniers à trouver refuge dans la City.

UN COURS PROCHE DE 1 DOLLAR

Menacée de démantèlement et exsangue sur le plan financier en raison du gel de ses comptes, la "major" russe des hydrocarbures est désormais paralysée. La fuite de l'ensemble des membres du conseil de gestion, révélée par le Financial Timesjeudi 25 novembre, a fait plonger l'action de 17 %, à 1,12 dollar. Depuis le début de la semaine, sa valeur a été divisée par deux. Le titre, qui valait 16 dollars il y a encore un an, avait déjà fortement chuté après l'annonce, le 12 octobre, de la prochaine vente aux enchères de Iougansneftegaz, principale filiale de production, avec un prix de départ jugé ridiculement sous-évalué.

Depuis l'arrestation, il y a un an, de son fondateur et ancien PDG, Mikhaïl Khodorkovski, la capitalisation boursière de Ioukos a été divisée par six. Le harcèlement dont sont victimes le directeur général Steven Theede et le directeur financier Bruce Misamore, tous deux américains, souligne la détermination du président russe Vladimir Poutine à faire liquider le groupe et à reprendre en main le secteur énergétique.

A Londres, la marge de manœuvre de la direction de Ioukos est réduite. La menace de cessation de la production n'agite guère les professionnels de l'International Petroleum Exchange. A les écouter, le Kremlin a les moyens de maintenir Ioukos en activité pour approvisionner de gros clients comme la Chine. M. Misamore avait précédemment évoqué le scénario de faillite pure et simple qui pourrait être prononcée lors de l'assemblée générale extraordinaire convoquée le 20 décembre (Le Monde du 29 octobre). Mais, en Russie, une procédure de banqueroute doit être approuvée par la justice - qui, vraisemblablement, la rejettera.

PLAINTE CONTRE LES AUTORITÉS RUSSES

Chez les actionnaires, en revanche, c'est le branle-bas de combat. La holding Menatep, par le biais de laquelle Khodorkovski et ses associés contrôlent 61 % de Ioukos, a porté plainte contre les autorités russes pour expropriation. Le plaignant invoque la charte énergétique, dont l'objet est de protéger les investissements étrangers dans le secteur énergétique des anciens pays de l'Est. L'action est menée par le truchement de deux filiales basées à Chypre, Hulley et Ioukos International. Faute d'accord à l'amiable, une juridiction d'arbitrage londonienne pourrait être saisie. Il est peu probable, en revanche, que les principaux actionnaires vendent leurs parts, comme l'a suggéré le président russe du conseil d'administration de Ioukos, Viktor Gueratchenko. 25 % du capital est détenu par des étrangers, en particulier des fonds de pension américains et scandinaves, qui pourraient également se défendre par des moyens légaux. Les dirigeants de Ioukos pourraient aussi être la cible de procès de petits porteurs aux Etats-Unis pour avoir passé sous silence le risque que représentaient les activités politiques de M. Khodorkovski.

DES ACQUÉREURS POTENTIELS

En attendant la cession au plus offrant, le 19 décembre, du principal actif du groupe, les spéculations vont bon train, à la City, sur les acquéreurs potentiels de Iouganskneftegaz. L'allemand EON, l'italien ENI, le chinois CNPC et l'anglo-néerlandais Shell ont publiquement admis leur intérêt. Mais ils hésiteront à se porter candidat par crainte des menaces de poursuites judiciaires brandies par la Menatep.

Côté russe, Lukoïl préfère se diversifier à l'international, comme l'atteste la prise de participation de 7,59 % de son capital par l'américain ConocoPhillips. La coentreprise russo-britannique TNK-BP cherche à consolider son assise. Le géant gazier Gazprom, en cours de fusion avec le pétrolier d'Etat Rosneft, paraît le mieux placé. Mais ce nouveau mastodonte contrôlé par les pouvoirs publics est lourdement endetté. D'où la possibilité d'un partenariat entre Gazprom et Sourgoutneftegaz, proche du Kremlin, dont certains champs pétroliers sont voisins de ceux de Iouganskneftegaz.

Marc Roche


(Lu dans Le Monde le 27.11.2004)
26.11.04

Le Figaro : Plus d'espoir pour Ioukos

Selon l'agence russe Interfax, le conseil d'administration de Ioukos ne présentera pas de plan de sauvetage lors de l'assemblée générale extraordinaire du 20 novembre. Les actionnaires devraient alors voter le dépôt de bilan de l'entreprise.

D'après Reuters et le Financial Times, l'ensemble des dirigeants de la compagnie pétrolière auraient quitté le pays par peur d'éventuelles poursuites des autorités. L'ancien président de l'entreprise, l'oligarque Mikhaël Khodorkovsky avait été arrêté par le FSB, le 25 octobre 2003 et n'a toujours pas été jugé.

Pour éponger une partie de la dette fiscale colossale de Ioukos, sa filiale de production sibérienne Iouganskneftegaz sera mise aux enchères le 19 décembre.

L'action Ioukos a cloturé en baisse de 20,2% à 64,5 roubles, soit environ 1,6 euros.


(Dépèche lue dans Le Figaro, le 26.11.2004)

Journal du Net : Pétrole: le CA de Ioukos prend acte de la fin prochaine du groupe

Le conseil d'administration du géant pétrolier russe Ioukos ne soumettra pas à ses actionnaires le 20 décembre prochain de plan anti-crise et leur laissera le choix entre deux options: la liquidation immédiate ou le dépôt de bilan.

"Le plan existant ne pourra être appliqué au vu de la vente annoncée des actions de Iouganskneftegaz", la principale filiale du groupe prévue le 19 décembre, d'un redressement fiscal de près de 6 milliards de dollars pour 2003 et en "l'absence de réponse du gouvernement aux nombreuses propositions de compromis soumises par la compagnie", a conclu le conseil d'administration qui s'est réuni jeudi. Mardi, la direction de Ioukos, réunie à Londres avait abouti à la même conclusion.

La direction n'a pas examiné le projet de plan anti-crise qui devait porter sur la période 2005 à 2009 et s'est engagée à préparer un "plan d'urgence", "destiné à prévenir des incidents techniques et des tensions sociales dans les filiales de la compagnie", précise un autre communiqué, émanant de la direction du groupe.

Le communiqué dénonce également "la pression extraordinaire" exercée dernièrement sur la direction de Ioukos par le parquet général et reconnaît qu'il est devenu difficile dans ces conditions de gérer la compagnie.

Selon des informations du Financial Times publié jeudi, les dirigeants du groupe pétrolier en très grande difficulté avec la justice russe, auraient fui la Russie de peur d'être arrêtés, ce qui pourrait déboucher sur une paralysie du groupe.

Le directeur financier du groupe, l'américain Bruce Misamore, a précisé qu'il avait reçu une convocation de la justice russe à laquelle il ne s'était pas rendu, selon plusieurs journaux.

L'action Ioukos, qui valait encore 16 dollars en octobre 2003, a perdu plus de 60% de sa valeur depuis l'annonce vendredi de la vente de 76,8% des actions de Iouganskneftegaz, la principale filiale de production de Ioukos. Elle a plongé de plus de 30% jeudi en cours de séance sur la principale place boursière moscovite, le RTS, et valait moins d'un dollar.

Les investisseurs n'espèrent plus depuis cette annonce d'accord de dernière minute avec le pouvoir.

Les autorités russes ont organisé des enchères le 19 décembre prochain pour vendre la principale filiale du premier producteur russe de pétrole Ioukos, Iouganskneftegaz, afin d'éponger une partie de la dette fiscale du groupe, s'élevant à 24,3 milliards de dollars (pour les années 2000 à 2003).

Ces enchères pourraient être le prélude au démantèlement complet du groupe. Le PDG de Ioukos, Steven Theede, avait réagi à l'annonce de ces enchères en dénonçant "un vol organisé par le gouvernement à des fins politiques".


(Dépèche AFP lue dans le Journal du Net, le 26.11.2004)
25.11.04

Journal du Net : Les dirigeants de Ioukos ont fui la Russie, l'action plonge de 30%

L'action du groupe pétrolier russe Ioukos a plongé de plus de 30% jeudi en cours de séance sur la principale place boursière moscovite, le RTS, et valait moins d'un dollar.

Selon des informations du Financial Times publié jeudi, les dirigeants du groupe pétrolier en très grande difficulté avec la justice russe, auraient fui la Russie de peur d'être arrêtés, ce qui pourrait déboucher sur une paralysie du groupe.

Le directeur financier du groupe, l'américain Bruce Misamore, a précisé qu'il avait reçu une convocation de la justice russe à laquelle il ne s'était pas rendu, selon plusieurs journaux.

L'action Ioukos, qui valait encore 16 dollars en octobre 2003, a perdu plus de 60% de sa valeur depuis l'annonce vendredi de la vente de 76,8% des actions de Iouganskneftegaz, la principale filiale de production de Ioukos.

Les investisseurs n'espèrent plus depuis cette annonce d'accord de dernière minute avec le pouvoir.

"Il ne reste plus un seul membre du directoire en Russie à l'heure actuelle", a affirmé au journal une source proche du dossier.

Les hauts responsables du groupe ont tenu au cours de la semaine une réunion à Londres, ajoute le quotidien des affaires.

Le directeur financier de Ioukos, Bruce Misamore, aurait affirmé depuis la capitale britannique : "Je ne vais pas me laisser sacrifier par la politique russe". Selon le FT, il aurait indiqué ne pas vouloir retourner en Russie tant qu'il ne serait pas sûr que sa "liberté et (sa) sécurité ne sont pas en danger".

M. Misamore, cité par le FT, a été convoqué mercredi au bureau du procureur général russe pour être interrogé, mais a rétorqué qu'il était en voyage d'affaires.

Toujours selon le directeur financier de Ioukos, les bureaux du PDG du groupe Steven Theede auraient été perquisitionnés. Ce dernier serait également à Londres, écrit le FT.

Les autorités russes ont organisé des enchères le 19 décembre prochain pour vendre la principale filiale du premier producteur russe de pétrole Ioukos, Iouganskneftegaz, afin d'éponger une partie de la dette fiscale du groupe, s'élevant à 24,3 milliards de dollars (pour les années 2000 à 2003).

Ces enchères pourraient être le prélude au démantèlement complet du groupe. Le PDG de Ioukos, Steven Theede, avait réagi à l'annonce de ces enchères en dénonçant "un vol organisé par le gouvernement à des fins politiques".


(Dépèche AFP lue dans le Journal du Net, le 25.11.2004)

Journal du Net : EON potentiellement intéressé par les actifs gaziers de Ioukos

Le numéro un de l'énergie en Allemagne EON s'est dit jeudi potentiellement intéressé par l'acquisition des actifs gaziers du premier producteur russe de pétrole Ioukos.

"S'ils devaient être mis en vente, nous pourrions examiner le dossier", a déclaré son patron, Wulf Bernotat, au quotidien allemand Financial Times Deutschland.

Toutefois, a-t-il ajouté, "tout ce qui est lié à Ioukos comporte des risques énormes. Nous devrions donc beaucoup réfléchir avant de nous lancer dans cette affaire".

Les autorités russes ont prévu de lancer le 19 décembre la vente de la principale filiale de Ioukos, Iouganskneftegaz, qui pourrait être le prélude au démantèlement complet du groupe, estiment les analystes.

Le prix de départ pour la vente de 76,8% des actions de Iouganskneftegaz, qui extrait notamment 62% du brut du groupe, a été fixé à 246,75 milliards de roubles (8,65 mds de dollars).

Le gouvernement pourrait vendre encore d'autres filiales de production, comme Samaraneftegaz et Tomskneft pour éponger la dette totale du groupe, selon les analystes.

Sur le dossier Iouganskneftegaz, la presse a déjà évoqué une éventuelle alliance du géant gazier Gazprom avec EON. Le groupe énergétique allemand détient 6,5% du capital de Gazprom via sa filiale gazière à 100% Ruhrgas.


(Dépèche AFP lue dans le Journal du Net, le 25.11.2004)
23.11.04

Le Point : Le dépeçage de Ioukos fait des envieux

La companie pétrolière chinoise CNPC serait "très intéressée" par une partie des actifs que Ioukos détient dans Iouganskneftegaz, à en croire une source de l'administration présidentielle russe citée mardi par le quotidien Vedomosti et reprise par l'AFP.

En effet, Ioukos va devoir mettre aux enchères 76,8% des actions de sa filiale Iouganskneftegaz le 19 décembre pour rembourser une partie de ses dettes fiscales.

Or, le pétrole est un enjeu majeur dans les relations Sino-Russe, et le Kremlin ne souhaite pas être trop dépendant de Pékin pour son pétrole sibérien. Ainsi, à Moscou, on réfléchit sur un projet d'oléoduc qui ne traverserait pas la Chine pour fournir les autres marchés de l'Asie orientale.

La companie pétrolière Slavneft avait déjà échappé à la CNPC en 2002, en raison de l'opposition des milieux politiques russes qui préfèreraient aujourd'hui que Gazprom ou un pool d'investisseurs russes reprennent les capitaux de l'entreprise défaillante.

Les companies Shell et Chevron Texaco auraient été approchées, toujours selon le Vedomsti, mais elles jugent risquée l'acquisition de ces actifs.


(Dépèche lue dans Le Point le 23.11.2004)
21.11.04

Le Monde : Moscou met aux enchères à vil prix la principale filiale du groupe pétrolier Ioukos

Le prix de départ fixé pour la vente de Iouganskneftegaz est très inférieur à l'estimation bancaire initiale commandée par le Kremlin. Encore un coup porté à l'empire de M. Khodorkovski.
Moscou de notre correspondante

Le Fonds fédéral russe des biens d'Etat a annoncé, vendredi 19 novembre, la mise aux enchères de 76,8 % des actions de Iouganskneftegaz, la principale filiale du groupe pétrolier Ioukos, engagé depuis seize mois dans une bataille judiciaire avec les autorités fiscales russes.

Le prix de départ fixé pour cette vente prévue le 19 décembre (8,65 milliards de dollars) est nettement inférieur à l'évaluation qui avait été faite, à la demande du Kremlin, par la banque d'affaires Dresdner Kleinwort Wasserstein. Celle-ci avait conseillé les autorités russes de fixer la mise à prix dans une fourchette de 14 à 17 milliards de dollars. L'action de Ioukos a été suspendue vendredi, à la Bourse de Moscou, après avoir plongé d'environ 30 %.

Les analystes estiment que cette accélération des événements, dans la "saga" Ioukos, ainsi que les incertitudes autour de l'achat de Iouganskneftegaz, rendent improbable la reprise de cette filiale, qui produit 60 % du brut de Ioukos, par un investisseur étranger. La vente aux enchères vise à couvrir la dette fiscale du groupe. Le fisc russe a parallèlement alourdi, vendredi, les arriérés d'impôts du groupe, les augmentant de 5,9 milliards de dollars, au titre de l'année 2003. Cela porte le montant total des obligations fiscales de Ioukos à 24,5 milliards de dollars. Un nouveau membre de la direction de Ioukos, Alexeï Kourstine, a en outre été arrêté à Moscou, vendredi, pour malversations.

PROCESSUS D'"EXPROPRIATION"

Mikhaïl Khodorkovski, l'ancien patron de Ioukos, en prison depuis octobre 2003, et dont le procès pour évasion fiscale se poursuit à Moscou, a appelé les actionnaires minoritaires du groupe à lutter contre son démantèlement. Ceux-ci détiennent environ 25 % du capital. Les experts s'attendent à une multiplication des actions en justice contre les autorités russes devant des tribunaux étrangers, pour protester contre ce que des détenteurs d'actions de Ioukos considèrent comme une spoliation.

Le président de Ioukos, l'Américain Steven Theede, a dénoncé vendredi, dans un communiqué, un processus d'"expropriation illégale". "Iouganskneftegaz est le cœur de Ioukos, et sa vente mènera à la destruction de la compagnie pétrolière russe la plus efficace", dit-il. De nombreux actifs et comptes bancaires de Ioukos ont été gelés par les autorités russes.

Selon l'analyste de la banque Alfa, Chris Weafer, les dernières mesures prises contre Ioukos "ouvrent la voie à la destruction rapide et totale du groupe". Mais il souligne que des divergences sont apparues, au sein du pouvoir russe sur ce dossier, marqué par un "emballement de certains fonctionnaires". Vladimir Poutine pourrait encore, selon lui, faire en sorte qu'une partie de la société pétrolière subsiste, "après confiscation de Iouganskneftegaz et des actifs de Menatep", le holding basé à Gibraltar créé par Mikhaïl Khodorkovski et ses associés. Le Kremlin chercherait à exercer suffisamment de pression sur les actionnaires de Menatep pour les contraindre à céder leurs parts à l'Etat. Le délai fixé serait la mi-décembre.

Les dirigeants de Ioukos, qui est le plus gros exportateur russe de pétrole, ont annoncé la convocation, pour le 20 décembre, d'une assemblée générale des actionnaires, appelés à se prononcer sur une éventuelle mise en faillite du groupe. Un scénario auquel Vladimir Poutine s'est, à plusieurs reprises, déclaré opposé.

L'offensive contre Ioukos s'inscrit dans la politique de mise au pas des "oligarques" menée par le Kremlin, et dans une stratégie consistant à rétablir un contrôle étatique sur le secteur pétrolier. Mais des voix commencent à s'élever, notamment du côté du conseiller économique du Kremlin, Andreï Illarionov, pour mettre en garde contre les répercussions sur le climat des investissements.

La fuite des capitaux a repris. Selon les statistiques officielles, 10,9 milliards de dollars ont quitté le pays au cours des neuf premiers mois de 2004, contre 3,8 milliards sur la même période en 2003. L'ancien ministre de l'économie Evgueni Iassine parle désormais d'un risque de "stagnation" de l'économie russe, faisant remarquer que la production industrielle a enregistré un ralentissement ces derniers mois.

Natalie Nougayrède


Lu dans Le Monde, 21.11.2004

Le Revenu : Poutine dément que l'affaire Khodorkovski (Ioukos) soit politique

MOSCOU, 21 nov (AFP)
Le président russe Vladimir Poutine a démenti que l'arrestation et le procès de l'ex-Pdg et principal actionnaire du pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, aient une quelconque connotation politique, dans une interview à des médias brésiliens reprise dimanche par les agences russes.
Les défenseurs de M. Khodorkovski, qui encourt plus de vingt ans de prison pour escroquerie et fraude fiscale à grande échelle, ainsi que nombre d'observateurs, estiment que l'affaire est politique et motivée notamment par le soutien du milliardaire à l'opposition libérale.
"Khodorkovski n'a jamais fait de politique, il n'a jamais été député ni membre d'un quelconque parti, n'a dirigé aucun mouvement politique, c'est pourquoi la tentative de remplacer le côté criminel de cette affaire par un aspect politique est erronée", a dit M. Poutine dans l'interview, publiée à la veille de sa visite au Brésil.


(Dépèche AFP lue dans Le Revenu, le 21.11.2004)

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Commentaire :
Ben voyons! On le croit sur parole !
20.11.04

Le Nouvel Obs : L'actionnaire principal de Ioukos, porte plainte contre l'annonce de la vente de la principale filiale du groupe

MOSCOU (AP) -- L'actionnaire principal de Ioukos, le groupe Menatep, a porté plainte en justice contre le gouvernement russe, qui a annoncé la prochaine vente aux enchères de la principale filiale de l'empire pétrolier en faillite, rapporte samedi l'agence russe Interfax.

Tim Osborne, directeur général de Menatep, a fait savoir qu'il considérait la mise en vente, annoncée vendredi, de l'unité de production Iouganskneftegaz comme «une expropriation».

«Nous avons l'intention de la protéger par tous les moyens juridiques possibles», a-t-il déclaré, expliquant que la plainte faisait référence à la charte de l'Energie, traité international établissant les cadres juridiques de la protection des investissements dans le secteur de l'énergie.

En vertu de ce texte, les actionnaires peuvent réclamer un arbitrage international en vue d'obtenir des dommages faute d'accord à l'amiable sous les trois mois. Signataire du traité, la Russie ne l'a pourtant pas encore ratifié, ce qui permet de douter de la valeur juridique du texte au regard du pays.

Le gouvernement russe a annoncé la mise en vente au 19 décembre de 76,79% des parts de cette filiale, responsable de la production de près de 60% du pétrole de Ioukos. Vu le prix de départ cassé des enchères, on craint qu'elle ne soit vendue pour une somme symbolique à des amis du Kremlin, manière pour l'Etat russe de reprendre le contrôle sur le secteur pétrolier tout en poursuivant le dépeçage de Ioukos.

Le groupe Menatep, société d'investissement fondée par l'ancien patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovsky, actuellement emprisonné, contrôle environ 60% de Ioukos. Khodorkovsky est un des principaux actionnaires de Menatep.


(Dépèche AP lu dans Le Nouvel Obs, le 20.11.2004)
19.11.04

Le Monde : Démantèlement de Ioukos, son PDG évoque un "vol organisé"

A la suite de l'annonce, vendredi 19 novembre, de la vente aux enchères de la première filiale de Ioukos le 19 décembre, qui donne le signal de départ du démantèlement du premier producteur russe de pétrole, le PDG de Ioukos a considéré la démarche comme "un mépris du gouvernement pour l'Etat de droit".

Le PDG de Ioukos, Steven Theede, a dénoncé, vendredi 19 novembre, "un vol organisé par le gouvernement à des fins politiques" dans un communiqué publié après l'annonce, ce même vendredi, de la vente de la principale filiale de production du groupe.

Le gouvernement russe a annoncé, vendredi 19 novembre, que l'adjudication de Iouganskneftegas, principale filiale de production du géant pétrolier Ioukos, débutera le 19 décembre avec une mise à prix de 246,8 milliards de roubles (6,6 milliards d'euros).

"C'est un jour triste pour la Russie et pour son peuple", a souligné M. Theede, estimant que cette démarche montrait "le mépris du gouvernement pour l'Etat de droit".

PLUS D'UN AN DE BRAS DE FER POLITICO-JUDICIAIRE

Cette décision scelle le démantèlement du groupe au centre d'un bras de fer politico-judiciaire depuis plus d'un an. Le prix de départ fixé pour les enchères s'inscrit dans le bas de la fourchette avancée par un audit indépendant, mais il est supérieur aux plus pessimistes des prévisions.

Les analystes soulignent que, s'il est inférieur aux 18,5 milliards de dollars (14,2 milliards d'euros) d'arriérés d'impôt que l'Etat russe souhaite récupérer auprès de Ioukos, Moscou pourra toujours vendre d'autres actifs du groupe à une date ultérieure pour rentrer dans ses fonds. Ils estiment aussi que Gazprom, le monopole public du gaz en Russie, fait figure de favori, bien que des société étrangères soient autorisées elles aussi à concourir, et qu'en cas d'échec de l'adjudication, Iougansk pourrait être purement et simplement nationalisé.

Le Fonds fédéral du patrimoine russe a indiqué, vendredi 19 novembre, qu'il vendrait l'ensemble des droits de vote dans Iougansk, correspondant à 76,79 % du capital, pour 246,8 milliards de roubles (6,6 milliards d'euros).

Selon l'annonce officielle de l'adjudication publiée sur le site Internet du journal officiel Rossiiskaia Gazeta, aucune limite ne sera imposée aux candidats étrangers désireux de participer aux enchères. "Aucune limite ne sera fixée pour la participation des particuliers et des entités juridiques, les étrangers compris", peut-on lire sur le site.

Pour participer à l'adjudication, les candidats devront s'acquitter d'une importante caution de 49,35 milliards de roubles (1,3 milliard d'euros), visiblement pour empêcher les propriétaires actuels de Ioukos d'essayer d'entraver la vente en y participant sans intention d'acheter, mais dans l'idée de faire monter les prix.

Iougansk, basée en Sibérie, produit plus d'un million de barils de pétrole par jour, soit 60 % de la production de Ioukos.

L'action Ioukos a ouvert en forte baisse de 9,5 % sur le marché Micex à la Bourse de Moscou. En fin de matinée, elle perdait encore 5,2 % à 81,44 roubles (2,1 milliards d'euros).

ADJUDICATION À LA VEILLE DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE IOUKOS

Nombre d'observateurs voient dans les démêlés du géant pétrolier avec le fisc russe une campagne orchestrée par le Kremlin pour punir les ambitions politiques du principal actionnaire du groupe, son ex-PDG, Mikhaïl Khodorkovski, actuellement jugé pour fraude et évasion fiscale.

L'adjudication d'Iougansk aura lieu la veille de l'assemblée des actionnaires de Ioukos, au cours de laquelle doivent être abordées la réorganisation du groupe et la question de son éventuel dépôt de bilan, voire sa liquidation.

"Nous considérons toujours que la vente aux enchères est illégale car Iougansk est notre principal actif, et parce qu'il est illégal de commencer à vendre des actifs stratégiques pour récupérer des impôts", a déclaré un porte-parole du groupe.

"Le prix de départ est ridiculement bas", a-t-il ajouté. Il juge aussi illégal le fait que l'annonce de l'adjudication ait été publiée sur le seul site Internet de la Rossiiskaya Gazeta, et non dans la version papier du journal.

Le prix de 8,65 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros) est inférieur à l'estimation la plus basse de 10,4 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros) effectuée par la banque d'affaires Dresdner Kleinwort Wasserstein à la demande du gouvernement russe. La banque avait toutefois conseillé au gouvernement de fixer la mise à prix dans une fourchette de 14 à 17 milliards de dollars (entre 10,7 et 13 milliards d'euros).

"Nous continuons de penser que c'est une entreprise russe qui part favorite pour les enchères, à savoir très probablement Gazprom, et que des actifs supplémentaires pourraient être cédés par la suite", commente Valery Nesterov, de la société de courtage Troika Dialog.

"Je m'attends à ce que personne ne fasse d'offre", estime de son côté Vadim Mitrochine de CSFB. "Aucune entreprise dans le monde ne voudrait se porter acquéreur d'une entité dont la dette fiscale reste floue. Il pourrait alors y avoir une autre adjudication avec un prix de départ plus faible", ajoute-t-il.

Après la prise en compte de nouveaux arriérés pour 2003, le fisc a envoyé un redressement fiscal au géant pétrolier russe de 169,94 milliards de roubles (soit 4,5 milliards d'euros) pour l'année 2003, a indiqué un porte-parole du groupe, Hugo Erikssen, vendredi 19 novembre.

En réaction, l'action en roubles de Ioukos aggrave sa chute : - 30,73 % ,à 59,50 roubles. La dette fiscale totale de Ioukos passe ainsi à 18,6 milliards d'euros. Sur ce montant, le groupe a pour l'instant remboursé 3 milliards d'euros.

Avec Reuters et AFP


Lu dans Le Monde, le 19.11.2004)

Reuters : Le fisc russe réclame encore 6 milliards de dollars à Ioukos

MOSCOU (Reuters) - Le ministère russe des impôts réclame pour 169,9 milliards de roubles (5,95 milliards de dollars) d'arriérés d'impôts supplémentaires à Ioukos au titre de 2003, a déclaré à Reuters Alexandre Chadrine, porte-parole de Ioukos.

La nouvelle réclamation du fisc s'ajoute aux 18,5 milliards de dollars d'arriérés d'impôts demandés pour 2000-2002, dont Ioukos a remboursé environ quatre milliards.

"L'action capitule", estime Kirill Sourikov, trader chez Alfa Bank. "Les actions Ioukos se dirigent tout droit vers le niveau zéro - il ne faudra plus que quelques jours pour que les gros décrochages arrivent".

Le gouvernement russe a annoncé vendredi matin que l'adjudication d'Iouganskneftegas débuterait le 19 décembre avec une mise à prix à 246,8 milliards de roubles (8,65 milliards de dollars). Moscou cherche ainsi à récupérer les arriérés d'impôts que Ioukos doit au fisc russe et qui se montent en tout à 18,5 milliards de dollars.

Iougansk produit plus d'un million de barils de pétrole par jour, soit 60% de la production de Ioukos.

Le Fonds fédéral du patrimoine russe a également fait savoir vendredi qu'il vendrait l'essentiel des droits de vote de la filiale, correspondant à 76,79% du capital, pour 246,8 milliards de roubles.


(Lu sur Reuters.fr, le 19.11.2004)
18.11.04

Le Revenu : Russie: Fitch relève la note souveraine au rang d'investissement à "BBB-"

MOSCOU, 18 nov (AFP)
L'agence de notation financière Fitch a relevé la note de la dette souveraine à long terme de la Russie au rang d'investissement à "BBB-", contre "BB+" précédemment, a-t-elle annoncé dans un communiqué jeudi.
Il s'agit de la deuxième agence de notation après Moody's à sortir la Russie de la catégorie des pays à risque.
Ce relèvement "témoigne de l'amélioration remarquable de la solvabilité (de la Russie) ces dernières années", souligne Edward Parker, directeur du département de la dette souveraine chez Fitch, cité par le communiqué.
La note de la dette à court terme est relevée de F3 à B et le plafond de la dette à BBB-, contre BB+ précédemment.
"Une performance macroéconomique exceptionnelle, aidée par des prix élevés du pétrole et une politique budgétaire globalement prudente continuent à conduire vers une réduction du ratio de la dette publique et extérieure, à une accumulation massive des réserves de change et à un renforcement du fonds de stabilisation", relève M. Parker.
Ces dernières évolutions "ont augmenté considérablement la capacité du gouvernement russe à assurer le service de sa dette, même dans le cas d'un choc" conjoncturel, explique le responsable de l'agence de notation.
Fitch estime que le risque d'une crise du secteur bancaire a diminué depuis l'été "même si le secteur reste une source de vulnérabilité à moyen terme" pour le pays.
Et l'affaire Ioukos, même "s'il s'agit d'un évènement clairement négatif", ne s'est pas transformée "en une campagne générale de redistribution des biens" issus des privatisations, observe avec soulagement l'agence de notation.
Au total, une moyenne entre l'amélioration des performances macroéconomiques et les faiblesses structurelles de la Russie a conduit Fitch a lui attribuer un rang d'investissement bas, précise le communiqué.


(Dépèche AFP lue dans Le Revenu, le 18.11.2004)

Novosti : Le fisc demande 730 millions de dollars à Sibneft

MOSCOU, 18 novembre - RIA Novosti.Un jour après la promesse de Vladimir Poutine d'"inoculer" à tout le monde l'habitude de payer les impôts dans leur intégrité on vient d'apprendre un nouveau cas de "vaccination". Après TNK-BP, le fisc a présenté ses réclamations à la société pétrolière Sibneft à hauteur de 21 milliards de roubles (plus de 730 millions de dollars) pour 2000 et 2001. Il est vrai que la nouvelle vient d'une source anonyme au sein du comité de la sécurité de la Douma, écrit le journal "Finansovyé izvestia". Sibneft a refusé de commenter cette information.

Dès le début de l'affaire Ioukos les experts affirmaient à l'unanimité que le pionnier de l'"optimisation" des impôts était justement Sibneft, bien avant la société de Khodorkovski. Mais elle a évité jusqu'à présent d'attirer les regards du fisc, de même que ceux du Parquet général.

Cependant, au cours du premier semestre 2003 elle a payé l'impôt sur le bénéfice à un taux effectif extrêmement bas : 7% seulement alors que la norme est fixée à 24%. Pour l'année précédente, ces versements ont augmenté jusqu'à 15%-16%. Pour 2004 Sibneft a promis de porter ses paiements aux 24% obligatoires. En février dernier le fisc avait informé que pour 2000 et 2001 Sibneft pourrait être menacée de 1 milliard de dollars de réclamations fiscales. Mais l'affaire n'a pas bougé.

Le ministère des Impôts et Perceptions avait informé plus tôt que des vérifications accélérées étaient en cours pour l'année 2001 dans d'autres sociétés pétrolières dont Tatneft, Rosneft et Slavneft, qu'il fallait les achever avant la fin de l'année en raison de la prescription.


(Lu sur le site de l'Agence Novosti, le 18.12.2004)
17.11.04

Libération : L'italien Eni intéressé par des actifs de Ioukos

ROME - Eni et d'autres groupes italiens sont intéressés par certains actifs du géant pétrolier russe Ioukos, au cas où ceux-ci seraient mis en vente, a déclaré mercredi un officiel du ministère italien de l'Industrie.

"Il y a en Italie un intérêt pour le marché russe. Nous sommes intéressés par des actifs de Ioukos. Je pense que l'un des candidats est Eni, mais d'autres compagnies sont intéressées par des actifs plus petits de Ioukos", a déclaré Sergio Garribba, directeur général au ministère, dans une interview téléphonique depuis Moscou.

Il a précisé que toute cession d'actifs ne serait pas conclue à ses yeux avant la fin du premier semestre de 2005.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès du groupe énergétique Eni.

Ioukos, première société exportatrice de pétrole de Russie, est en grande difficulté depuis que le fisc russe lui demande de rembourser pour 18,5 milliards de dollars d'arriérés d'impôts.

La Russie envisage de mettre aux enchères le mois prochain la principale entité de Ioukos, Iouganskneftegas.


(Dépèche Reuters lue dans Libération, le 17.11.2004)

Le Nouvel Obs : Perquisitions dans le bureau moscovite de Ioukos et dans sa plus importante filiale, selon Interfax

MOSCOU (AP) -- Des perquisitions ont été effectuées dans le bureau moscovite du géant pétrolier russe Ioukos et dans la plus importante filiale du groupe, Iouganskneftegaz, a rapporté mercredi l'agence de presse Interfax.
Interfax a affirmé que les autorités avaient saisi des documents. «L'enquête est menée dans le cadre de l'enquête sur les dettes fiscales de Iouganskneftegaz en 2000», a appris l'agence auprès des forces de l'ordre.
Un représentant de Ioukos a confirmé à l'Associated Press sous couvert de l'anonymat que des enquêteurs s'étaient rendus au bureau du groupe à Moscou, mais n'a pas pu confirmer les informations concernant une perquisition chez Iouganskneftegaz, qui produit 60% du pétrole de Ioukos.
Le plus important producteur russe de pétrole est confronté à plus de 14 milliards d'euros de dettes fiscales, et son ancien patron, Mikhaïl Khodorkovsky, est incarcéré pour fraude et évasion fiscale.


(Dépèche AP lue dans Le Nouvel Obs, le 17.11.2004)
16.11.04

Novosti : Le Conseil des directeurs de Yukos ne projette pas de recommander aux actionnaires de déposer le bilan

MOSCOU, 16 novembre - RIA-Novosti. Le conseil des directeurs de la compagnie pétrolière Yukos n'a pas l'intention de recommander à ses actionnaires de déposer le bilan, a annoncé au cours d'une conférence de presse mardi le directeur général de la société, Steven Theede.

"Nous avons déjà tenu plusieurs réunions et nous n'avons pas recommandé une faillite, nous avons l'intention de poursuivre notre travail", a-t-il expliqué.

Steven Theede a rappelé qu'il y a quelques jours, le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko, avait dit que Yukos est l'entreprise pilote dans la production pétrolière du pays.

"Je pense que nous devons nous en tenir à ces positions. Nous poursuivrons la gestion de la société même dans une situation de crise. Nous tenterons de trouver une issue à la situation qui s'est créée dans nos relations avec le gouvernement", a expliqué le directeur général de Yukos.

Comme l'a expliqué lors d'une conférence de presse télévisée le directeur financier de la société pétrolière, Bruce Misamor, Yukos avait versé à ce jour, à titre de remboursement de ses arriérés d'impôt qui se montent à 17 milliards de dollars au total, 3,9 milliards de dollars.


(Lu sur le site de l'Agence Novosti le 16.11.2004)

Libération : Ioukos a payé 3,9 milliards de dollars d'arriérés d'impôt

MOSCOU - Ioukos, qui connaît de sérieux démêlés avec le fisc, a remboursé 3,9 milliards de dollars d'arriérés d'impôts sur le total de 18,5 milliards que lui réclament les autorités, a annoncé lors d'une téléconférence Bruce Misamore, directeur financier du géant pétrolier russe.

Le directeur général du groupe, Steven Theede, a déclaré au cours de la même conférence que le groupe continuerait de donner la priorité au maintien du niveau de sa production et de ses exportations malgré ses ennuis avec le fisc dont il a prévenu à maintes reprises qu'ils risquaient de l'acculer au dépôt de bilan.

Ioukos produit près de 1,7 million de barils de brut par jour et est le premier exportateur de pétrole de Russie.

Theede a ajouté qu'il convierait des représentants du gouvernement à l'assemblée générale extraordinaire du groupe fixée au 13 janvier prochain, à condition que l'Etat soit prêt à négocier et à approuver le plan de sortie de crise échafaudé par la direction.

Il précise que les chances de voir le gouvernement accéder à ces deux demandes sont très minces.

Le projet de la direction permettrait à Ioukos de poursuivre son existence sous la forme d'une entité autonome tout en s'acquittant de sa dette auprès du fisc.

"Il n'y a eu jusqu'ici aucune indication permettant de dire qu'ils participeront à une négociation", a souligné Theede.

Les problèmes de Ioukos ont commencé il y a un an avec l'arrestation du fondateur et principal actionnaire du groupe, Mikhaïl Khodorkovski, actuellement jugé pour fraude et évasion fiscale. Parallèlement à son procès, l'enveloppe fiscale réclamée au groupe pétrolier n'a cessé d'enfler.

Ioukos a fait état mardi d'une perte de 183 milliards de roubles (6,4 milliards de dollars) sur les neuf premiers mois de l'année, mais la direction précise que les normes comptables russes, selon lesquelles ce résultat est publié, ne reflètent pas exactement la situation financière de la société.

Le groupe avait dégagé sur la période identique de 2003 un bénéfice de 22,7 milliards de roubles, mais son résultat a été plombé cette année par les très lourdes amendes infligées au titre de ses arriérés d'impôts.

"Les principaux facteurs affectant le montant des pertes du groupe ont été externes, en incluant les conclusions d'un audit fiscal de l'Etat pour 2000", a souligné Ioukos dans son communiqué de résultat.

Les comptes publiés selon les normes russes ne sont pas consolidés.


(Dépèche Ruters lue dans Libération, le 16.11.2004
13.11.04

Suisseinfo : Affaire Ioukos, le parquet suisse sous enquête

Nouveau rebondissement dans le volet suisse de l’affaire Ioukos: une enquête préliminaire est ouverte contre le Ministère public de la Confédération (MPC), pour violation du secret de fonction.

Le gouvernement a nommé à cette fin le procureur du Jura Yves Maître comme procureur fédéral extraordinaire


«J'ai été nommé procureur fédéral extraordinaire le 24 août», indique dimanche Yves Maître, revenant sur un article paru dans l’hebdomadaire dominical alémanique NZZ am Sonntag.

Le magistrat n'a pas voulu donner d'autres informations. Il ne dira donc pas s’il a déjà entendu le procureur général de la Confédération Valentin Roschacher.

Yves Maître précise simplement qu'il doit terminer son enquête préliminaire «dans les meilleurs délais» et qu'il dispose en principe d'un mandat de six mois.

Interrogé dimanche également, le porte-parole du MPC Hansjürg Mark Wiedmer se refuse à tout commentaire. Il souligne que le procureur extraordinaire travaille de manière complètement indépendante et que c'est à lui qu'il appartient d'informer.

Lettre aux Russes

Cette enquête préliminaire a été ordonnée à la suite d'une plainte déposée par la holding Menatep, principal bailleur de fonds du géant pétrolier russe Ioukos. Ce dernier est depuis plusieurs mois dans le collimateur de la justice russe pour fraude et évasion fiscale.

Les soupçons de violation du secret de fonction se basent notamment sur un article paru le 18 mars dans L’Hebdo. La NZZ am Sonntag rappelle que l’hebdomadaire romand avait alors publié des passages d'une lettre adressée par le MPC aux autorités russes.

Dans ce document daté du 10 mars, les enquêteurs suisses annonçaient le blocage provisoire de 6,2 milliards de francs dans cinq banques suisses. Ces fonds figuraient sur les comptes de 20 actionnaires de Ioukos, dont l'ex-PDG Mikhaïl Khodorkovski.

Ce gel, intervenu à la suite d'une demande d'entraide judiciaire russe, avait rapidement été rendu public par le parquet de Moscou. Ces déclarations avaient fait l'effet d'une bombe. Jamais une telle somme n'avait été gelée dans les coffres helvétiques.

Les avocats à l'attaque

Le MPC avait ensuite procédé à un gel formel de ces sommes, affirmant que les éléments transmis par les Russes permettaient de confirmer le blocage des avoirs selon la Loi fédérale sur l'entraide internationale en matière pénale.

Les enquêteurs avaient toutefois été désavoués en juin par le Tribunal fédéral (TF), qui avait levé le séquestre de plus de 4 milliards de francs. Le TF avait jugé que la procédure avait violé le principe de proportionnalité.

Le MPC avait alors subi une attaque en règle de la part de l'armada d'avocats engagés par Ioukos.

Ceux-ci ont reproché aux enquêteurs suisses d'avoir fait preuve d'un excès de zèle dans le cadre d'une affaire considérée en Russie comme inspirée en haut lieu pour mettre au pas un groupe trop indépendant. Et, qui plus est, dirigé par un homme qui pourrait faire de l’ombre au président Poutine lui-même.

Roschacher se défend

Les avocats reprochaient au MPC de n'avoir pas mené une enquête approfondie face à des arguments du Parquet russe qualifiés d'«insuffisants».

Valentin Roschacher avait rejeté ces accusations, soulignant que ses enquêteurs avaient demandé des compléments pour les points qui ne semblaient pas clairs. Il s'était aussi défendu contre le reproche d'avoir été dans cette affaire un «auxiliaire» du pouvoir russe.


Lu dans SuisseInfo, le 7.11.2004)
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Il faut se rappeler quand même l'utilisation que les officiels russes avaient fait de cette information! La porte-parole du Parquet Général avait fait une retentissante déclaration, la veille même des élections, selon laquelle la somme soi-disant due par Ioukos au fisc avait été retrouvée dans des comptes en Suisse. Mais ensuite, on s'était rendu compte que ses fonds appartenaient au fond de pension des employés de la compagnie et les banquiers suisses avaient du les débloquer. Entre temps, du côté russe, le scandale avait eu l'effet voulu sur l'électorat et sur les cours des actions de Ioukos...
10.11.04

Au dernières nouvelles...

Le Tribunal Basmannyj a arrêté 37% des actions de Sibneft appartenant encore à Ioukos. Comme quoi dans l'affaire Ioukos, même quand ça va mal ça peut toujours être pire. Je ne pensais pas qu'il restait encore quelque chose à arrêter dans cette malheureuse compagnie, mais pour le Tribunal Basmanny il n'y a rien d'impossible. Le tout est de ne surtout pas laisser à Ioukos la possibilité de régler son monstrueux redressement fiscal.

Les derniers jours ont été marqués encore par diverses rumeurs sur la possible vente de Ioukos. Gerashenko a affirmé que Menatep s'apprêtait à ceder ses parts de Ioukos, Kagalovski s'est de nouveau proposé comme acheteur au nom d'un mystérieux consortium financier et - petite nouveauté - la société ENI "parrainée" par ce cher ami de Poutine Berlusconi pourrait aussi compter au nombre des futurs actionnaires de Iougansneftegaz.
Tout cela est d'un ennui profond.

Le procès de Mikhaïl Khodorkovski a repris hier. Le tribunal a refusé de cesser les pousuites dans le cas de l'affire APATIT, même si les faits sont en principe depuis longtemps prescrits. La parole est à la défense : ce sont les avocats de Lebedev qui vont parler en premier, puis ceux de Khodorkovski et ceux de Kraïnov en dernier.

La juge a décidé d'accélerer le rythme, en faisant commencer les séances à 9h30 et en supprimant la pause du mercredi. Ce qui signifie, pour les accusés, suivant le règlement carcéral - lever à cinq heures du matin, fouilles approfondies au départ et au retour, journées entières passées dans cette étroite cage...

Platon Lebedev a tout de même trouvé la force contre-attaquer : dans une lettre comme toujours impressionnante de vigueur et de précision, il porte plainte pour diffamation contre le procureur Birioukov, auteur d'une scandaleuse interview à la Komsomolskaya Pravda. Je suis toujours en admiration devant le style et l'esprit combatif de Lebedev, et par sa loyauté absolue envers Mikhaïl Khodorkovski...
8.11.04

Le Temps : Sur les terres sibériennes, des milliers d'ouvriers de Yukos suspendus à la décision du Kremlin

INDUSTRIE. Dans le cadre de ses poursuites pour fraudes fiscales, la justice russe menace de vendre la principale filiale de Yukos. Un changement de propriétaire attendu par les travailleurs des puits. Yugansk a en effet stoppé les forages comme tout autre investissement, vivant désormais dans une logique d'inertie. Reportage à Nefteyugansk, capitale du géant pétrolier en Sibérie.

Benjamin Quénelle, de retour de Nefteyugansk (Sibérie)

En bon tâcheron du pétrole, Rafail Sabitov parle avec certitudes. «Yugansk va finir par être vendue! Il n'y a pas de doute...», affirme brutalement cet ouvrier rencontré sur l'un des puits de la principale filiale de Yukos. Quelque 60% de la production pompée par la compagnie russe de l'oligarque Mikhaïl Khodorkovski viennent de ces terres sibériennes, recouvertes de neige argentée mais imbibées d'or noir. En ce début novembre, le thermomètre varie déjà entre 0 et – 10 degrés. C'est donc au chaud, dans la petite cabine à côté du puits en cours de réparation par son équipe que Rafail Sabitov, une chope de thé en main, parle des effets de l'affaire Yukos sur sa vie.

Dans le cadre des poursuites fiscales lancées il y a plus d'un an contre le géant pétrolier, le Ministère de la justice envisage de vendre rapidement tout ou partie de la filiale-phare Yugansk pour éponger les arriérées d'impôts toujours croissants réclamés à l'ensemble du groupe (probablement plus de 10 milliards de dollars). Des poursuites et une vente que le Kremlin du président Poutine est largement soupçonné d'avoir initiées pour se débarrasser de Mikhaïl Khodorkovski, potentiel ennemi politique, mais surtout pour réorganiser les cartes du pétrole russe, plusieurs sociétés proches du pouvoir étant pressenties parmi les possibles repreneurs. Telles sont les craintes à l'étranger et parmi un petit cercle d'analystes à Moscou.

Plus de 2000 kilomètres à l'est de la capitale, Rafail Sabitov voit les choses différemment. «Ces poursuites sont justes car Yukos est coupable de ne pas avoir payé ses impôts. Pour nous, le plus important, ce n'est pas le nom du propriétaire de la compagnie mais c'est l'assurance qu'on nous donne du travail et qu'on paie nos salaires!» lance-t-il.

Vingt mille sous-traitants

Père de trois enfants, cet ouvrier de 48 ans a en effet commencé à ressentir personnellement les conséquences de l'affaire Yukos. La procédure judiciaire a conduit à geler les comptes de la filiale en août dernier. Depuis, Rafail Sabitov n'a reçu que 50% de son salaire de septembre. «Il faut bien que je continue à payer les études de mes enfants. Parmi les ouvriers, nous sommes nombreux désormais à avoir des problèmes. On vient de couper ma ligne de téléphone. Je n'avais pas pu payer la facture.»

Yugansk affirme verser tous les salaires de ses quelque 6000 employés. Mais depuis la réorganisation de la filiale (se concentrant désormais sur l'extraction) et son éclatement en une multitude de sociétés (assurant les diverses autres activités de service et d'entretien), quelque 20 000 personnes travaillent pour des sous-traitants. Ce sont ces employés indirects comme Rafail Sabitov, en charge de la réparation des puits, qui sont les premiers touchés de l'actuelle crise.

Dans ce coin de Sibérie, la belle mécanique entre Yukos et son réseau de contractants est désormais enrouée. Sans accès à ses comptes, Yugansk a stoppé les investissements et vit désormais dans une logique d'inertie, comme le souligne Yuri Lyovin, directeur du développement de la filiale. Les forages de nouveaux puits ont été stoppés. L'achat de pièces détachées pour les pompes, dont 15% doivent être modifiées chaque mois, a été interrompu. Faute de pouvoir financer leurs transferts en hélicoptères, les équipes des puits les plus lointains ont été temporairement laissées sans relève, les ouvriers devant attendre le gel des rivières pour que leur déplacement puisse s'effectuer en bus. N'étant plus payés, les consultants de Schlumberger se sont retirés.

Rancoeurs

Autant de revers qui menacent les résultats de Yugansk, jusque-là en croissance constante. «La productivité va baisser», reconnaît Yuri Lyovin, affirmant que la production quotidienne est déjà passée de 145 000 à 144 500 tonnes. «Le plus difficile, c'est de vivre dans cette incertitude», témoigne Elena Chtcheglova, la responsable d'un des laboratoires qui, montrée en exemple par la compagnie, vante les projets sociaux du groupe et affirme vouloir rester employée Yukos.

Mais parmi les travailleurs, les déboires de Yukos ont en fait suscité d'autant moins de sympathie envers le groupe et Mikhail Khodorkovski, son principal actionnaire, qu'ils sont nombreux à se plaindre des salaires insuffisants et du manque de programmes sociaux. «Tout propriétaire autre que lui sera meilleur!» tonne Nicolas Radkhovskii, 39 ans, ouvrier d'une entreprise de construction. «Si Yukos avait été un bon employeur, s'il n'avait pas éclaté ses activités en divers sous-contractants, s'il avait payé des salaires plus élevés... nous aurions organisé des grèves pour soutenir Khodorkovski!» ajoute Andreï Kochtchelev, 42 ans, ouvrier d'une société de forage.

Mais de telles manifestations n'ont pas eu lieu. Contrairement aux commentateurs moscovites, beaucoup espèrent ici que Yugansk sera rachetée par la compagnie pétrolière voisine Surgoutneftegaz ou le géant gazier Gazprom, toutes deux des entreprises proches du Kremlin...


(Lu dans Le Temps, le 8.11.2004)
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Commentaire

Pour mémoire, le salaire moyen en Russie en 2003 (pour prendre la période précédant l'arrestation de Mikhail Khodorkovski) était de 5600 roubles selon des sources officielles, soit environ 190 dollars. Le salaire d'un employé sur les champs pétrolifères de Ioukos était d'environ 700 dollars, soit 21 000 roubles. Dans des conditions pénibles il est vrai. Mais tout de même.
Il est sûr que les réformes entreprises par Khodorkovski dans sa compagnie ont profondément choqué la population habituée au système socialiste, mais il n'a fait que la mettre en conformité avec les standards internationaux. On peut se demander dans quel pays des ouvriers se mettraient en grève pour soutenir leur patron emprisonné, dans la mesure où l'entreprise ne risque pas de disparaître complètement et où leur propre emploi n'est pas menacé...
La comparaison Surgut / Iougansk est un des motifs récurrents de la presse russe. On peut lire par exemple dans les Nouvelles Izvestia (en russe) une analyse des différences des politiques sociales et salariales des deux compagnies. Un jour (pas trop lointain j'espère) j'irai moi-même vérifier sur place :-)...
Remarquons enfin, que les troubles sociaux qui ont accompagné la réforme du système des pensions au printemps dernier montre bien que la majorité de la population reste attachée à l'ordre ancien, ou le bas niveau de salaire était compensé par des prestations sociales gratuites, ce qui explique l'impopularité des réformes entreprises par Khodorkovski au niveau local.

L'Observatrice
5.11.04

Offtopic. Courrier International : La fronde contre le Kremlin du député Ermoline, du parti du pouvoir

Le député Anatoli Ermoline s'est lancé dans une fronde contre le Kremlin, inattendue venant d'un élu du parti au pouvoir, Russie unie, où les voix discordantes ne s'expriment généralement pas, a fortiori pour dénoncer les récentes réformes du président Vladimir Poutine.

Recevant dans son bureau au huitième étage de la Douma (chambre basse du Parlement), cet ancien officier du KGB dénonce des "pressions" du pouvoir exécutif sur les élus et fustige des réformes qui "vont contre les principes du parlementarisme".

Il vitupère notamment contre le premier volet de mesures proposées par Vladimir Poutine pour "renforcer l'Etat", adopté en première lecture la semaine dernière par la Douma, et qui confie au chef de l'Etat la désignation des dirigeants régionaux, supprimant le suffrage universel.

Ce jour-là, M. Ermoline était "en déplacement à Bakou", la capitale azerbaïdjanaise, et n'a donc pas pu voter.

"A mon retour, j'ai découvert que mon vote avait été validé, comme favorable, contrairement aux consignes que j'avais laissées. C'est peut-être une erreur technique ?", relève le député du parti pro-Kremlin, dont la surprenante rébellion a largement piqué la curiosité de la presse d'opposition.

Arborant à 40 ans une coupe de cheveux à la Beatles et, comme tous les députés de Russie unie, le drapeau russe en pin's au revers de son veston, il explique s'être décidé à sortir de sa réserve "quand il est devenu clair que les députés n'étaient là que pour appuyer sur un bouton".

"Au début, Russie unie se présentait comme un parti centriste libéral qui faisait la promotion de l'unité du pays, de la société civile. Et j'y ai cru", dit-il, ajoutant que maintenant il percevait "une menace pour la Constitution".

"Depuis juillet, nous subissons de plus en plus de pressions, car des lois importantes ont commencé à être présentées", ajoute le parlementaire, fustigeant la "verticale du pouvoir" défendue par M. Poutine.

Sa révolte a été déclenchée cet été, explique-t-il, suite à une "invitation au Kremlin" pour une rencontre avec "un haut responsable de l'administration présidentielle", à laquelle il s'est rendu avec une quinzaine d'autres députés.

Leur faute commune était, selon le député Ermoline, d'avoir eu la mauvaise idée de s'abstenir sur un projet de loi visant à réformer le système d'aides sociales, alors que le reste de la fraction, forte d'une majorité de plus des deux-tiers dans cette Assemblée réduite à une chambre d'enregistrement, votait "pour".

"On s'est entendus dire que nous n'étions +en aucun cas des députés ou des représentants du peuple+ et on nous a prévenus que des membres de l'administration présidentielle avaient été chargés (de surveiller) chacun de nous", assure Anatoli Ermoline.

Cette rencontre a été perçue par le député comme une "convocation", qu'il a dénoncée dans une lettre envoyée cette semaine à la Cour constitutionnelle, appelant celle-ci à se pencher sur ce qu'il estime être une "violation de la Constitution".

Le député n'en est pas à sa première révolte épistolaire: fin octobre, il avait écrit au président de la Douma, Boris Gryzlov, pour dénoncer le lien, "tiré par les cheveux", fait par le Kremlin "entre les réformes politiques proposées et la menace terroriste".

Une critique de cette réforme politique --annoncée dans la foulée de la prise d'otages de Beslan et présentée comme un moyen de lutte contre le terrorisme-- que maintient cet ancien chef de commandos antiterroristes.

La démarche du député n'est pas sans susciter des interrogations., notamment en raison des liens qu'il entretient avec le géant pétrolier Ioukos. Il reste membre de la direction de Russie ouverte, la société philanthropique créée par l'ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, aujourd'hui en prison suite à une affaire considérée comme largement politique.

Lu dans Courrier International, le 5.11.2004)
4.11.04

Libération: Ecrasé par le fisc russe, Ioukos glisse vers la faillite

Le PDG va demander à ses actionnaires de la prononcer d'ici à fin décembre.

Par Lorraine MILLOT

«Nous ne pouvons pas continuer comme ça très longtemps», «Notre situation n'est plus tenable» : traits tirés et voix très lasse, le PDG américain de Ioukos, Steven Theede, a confié hier que la faillite du premier pétrolier russe devra être bientôt envisagée. Les actionnaires de Ioukos se prononceront le 20 décembre sur la question de la mise en faillite du groupe, a précisé Theede, qui n'exclut pas que la direction du groupe, écrasé sous les redressements fiscaux ordonnés par le Kremlin, déclare même la faillite avant cette date.

Démolition. Le fisc russe vient de présenter une nouvelle facture de 6,7 milliards de dollars pour le seul exercice 2002, qui s'ajoute aux 7,5 milliards de dollars déjà réclamés pour les années 2000 et 2001, a indiqué hier Theede, soulignant combien ces prétentions seraient «risibles», s'il n'y allait de la démolition même du premier groupe pétrolier du pays. Pour l'exercice 2002, les prétentions additionnées du fisc russe équivalent maintenant... au chiffre d'affaires du groupe cette année-là, a calculé son PDG : en 2002, Ioukos avait en effet dégagé un chiffre d'affaires de 11,4 milliards de dollars. 3,8 milliards d'impôts ont déjà été payés. Si on y ajoute les 6,7 milliards maintenant réclamés, plus 1 milliard demandé à sa principale filiale Iouganskneftegaz, le total excède de fait les revenus de la firme.

S'il se confirme ainsi que le Kremlin est bien décidé à abattre Ioukos, les formes de la mise à mort ­ faillite ou découpage par tronçons ­ ne sont pourtant pas encore tout à fait claires. «Le dépôt de bilan aurait l'avantage pour Ioukos de geler la vente des actifs (la justice russe a déjà annoncé la vente prochaine de Iouganskneftegaz, ndlr) et empêcherait de vendre la compagnie pour une bouchée de pain», explique Andrei Rochkov, analyste à la société russe d'investissement Capital. Pour cette raison même, il n'est pas sûr toutefois que le Kremlin, qui orchestre les coups contre Ioukos depuis plus d'un an et a fait emprisonner son ancien patron Mikhaïl Khodorkovski, autorise cette faillite. «Les gens qui dirigent les attaques contre Ioukos sont assez puissants pour empêcher sa faillite, poursuit l'analyste de Capital. La tactique menée jusqu'à présent, qui consiste à affaiblir la compagnie tout en faisant durer l'affaire, semble bien pensée. Au final, il est clair qu'ils récupéreront tout Ioukos, et d'ici là ils peuvent pomper ses bénéfices.»

Tribunaux. La faillite de Ioukos devrait être approuvée par la justice «et, vu le peu de succès de Ioukos devant les tribunaux russes, il y a de grandes chances qu'elle soit rejetée», estime aussi la société d'investissement Aton. Dans ce cas, les dirigeants de Ioukos pourraient même encourir de nouvelles poursuites pour «faillite délibérée». «Il y a ce risque, soupirait hier Steven Theede, le patron américain, qui, il y a quelques mois, disait encore espérer sauver Ioukos. C'est bien pour cela que nous avons été si prudents jusqu'à présent.»

(Lu dans Libération, le 4.11.2004)
3.11.04

AFP : Décision sur faillite de Ioukos prise par les actionnaires le 20 décembre

Les actionnaires du géant pétrolier Ioukos, sous le coup d'un redressement fiscal de plusieurs milliards de dollars, devront se prononcer pour ou contre une mise en faillite du groupe au cours d'une assemblée générale prévue le 20 décembre, a annoncé mercredi le PDG de Ioukos.

"Le conseil (d'administration) recommande que les actionnaires se prononcent pour ou contre une mise en faillite" lors d'une assemblée générale des actionnaires le 20 décembre, a déclaré Steven Theede, directeur général de Ioukos, lors d'une rencontre avec des journalistes.

Cette décision résulte d'une recommandation en ce sens prise lors d'une réunion du conseil d'administration mardi, a-t-il précisé.

Cette annonce intervient alors que le fisc russe a porté lundi un nouveau coup à Ioukos, faisant plus que doubler la somme d'arriérés d'impôts réclamés au groupe pétrolier déjà au bord de la faillite et à sa principale filiale de production Iouganskneftegaz.

Les services fiscaux ont remis à Ioukos et à sa filiale de nouvelles réclamations s'élevant au total à dix milliards de dollars, selon des informations d'Interfax et d'une source au sein du groupe pétrolier.

Cette somme représente plus que la capitalisation boursière actuelle du groupe, qui est inférieure à neuf milliards de dollars, presque quatre fois moins qu'il y a un an et demi, avant le début de l'offensive judiciaire contre Ioukos et son patron, Mikhaïl Khodorkovski.

(Lu dans Voila!, le 3.11.2004)
2.11.04

Yahoo ! Finances : Ioukos plonge en Bourse après de nouveaux arriérés d'impôts

Par Elif Kaban

MOSCOU (Reuters) - L'action Ioukos en dollars a plongé de 18% mardi, les perspectives du groupe pétrolier s'assombrissant encore après la réclamation au groupe par le fisc russe de dix milliards de dollars de nouveaux arriérés d'impôts.

"L'idée générale apparaît plus clairement que jamais: Ioukos ne vaut plus rien à moins que (son principal actionnaire) Menatep ne se retire", analyse le courtier moscovite United Financial Group.

"Le scénario 'valeur zéro' est tout à fait prévisible désormais", renchérit Steven Dashevsky, analyste pétrolier chez Aton brokerage.

Une source au fait de la situation fiscale de Ioukos a déclaré lundi soir à Reuters que le fisc russe réclamait des arriérés d'impôts de 193 milliards de roubles (6,7 milliards de dollars) au titre de 2002. Cela s'ajoute aux quelques 7,5 milliards de dollars pour 2000 et 2001 - dont Ioukos dit avoir payé 3,5 milliards.

Ioukos a aussi confirmé que sa principale filiale de production Iougansk, qui extrait un million de barils de pétrole par jour, soit 62% de la production totale du groupe, avait reçu un rappel d'impôt de 3,4 milliards de dollars. Cela réduira d'autant la valeur de Iougansk si elle est vendue pour couvrir le passif fiscal de Ioukos.

Plus précisément, le fisc russe réclame à Iougansk 67,5 milliards de roubles (2,4 milliards de dollars) pour 2001 et porte à 29,6 milliards de roubles (1 milliard de dollars) les arriérés de 2002.

En dépit de toutes ses difficultés, la production pétrolière de Ioukos résiste. Selon les données du ministère de l'Energie publiées mardi, la production s'est simplement tassée à 1,73 million de barils par jour en octobre contre 1,74 million en septembre. Ioukos produit un cinquième du pétrole russe et 2% de la production mondiale.

LA VENTE D'AUTRES FILIALES DE PLUS EN PLUS PROBABLE

L'action en dollars, largement détenue par des investisseurs étrangers, ne vaut plus que 3,28 dollars mardi en clôture. Sur le Micex, le titre en rouble a chuté de 12,26% à 93 roubles, en dessous du seuil psychologique des 100 roubles (3,48 dollars).

"Cette énorme facture fiscale signifie que la vente d'autres filiales de Ioukos semble de plus en plus probable. S'il y a de nouveaux arriérés d'impôts, les autres filiales de Ioukos seront directement touchées", estime Dashevsky du courtier Aton.

Il anticipe des cessions d'actifs au sein des filiales Tomskneft et Samaraneftegaz.

Pour les analystes, les nouvelles réclamations du fisc auprès de Iougansk semblent préparer des enchères publiques sur ses actifs dont la date officielle reste à annoncer.

Le marché s'attend maintenant que le gouvernement fasse en sorte que ses dernières réclamations soit considérées comme dues et payables par décision de justice avant toute vente.

"Cela garantira que même après la vente de Iougansk (...), il restera des arriérés non payés sur la base desquels les actifs et les comptes bancaires de Ioukos demeureront gelés", écrit United Financial Brokerage dans une analyse.

CONTESTATION EN JUSTICE DE IOUKOS

Selon l'agence de presse Interfax, la cour d'arbitrage de Moscou entendra le 16 novembre la contestation de Ioukos des 50,76 milliards de roubles d'arriérés d'impôts et 28,5 milliards de roubles de pénalités réclamés au titre de 2001.

Les analystes s'attendent à ce que les objections de Ioukos soient rejetées.

Les huissiers comptent vendre Iougansk pour financer le remboursement des dettes fiscales de Ioukos en retenant l'estimation la plus base - 10,4 milliards de dollars. C'est celle contenue dans le rapport d'évaluation de la banque d'affaires Dresdner Kleinwort Wasserstein, mais elle est considérée comme étant particulièrement prudente.

"On n'y voit pas très clair, car tout est dicté par la politique", constate Ron Smith, du courtier Renaissance Capital à Moscou.

"Le fisc ne cesse de relever la barre. Mon scénario le plus noir était un rappel de 15 à 16 milliards de dollars, mais on en est déjà à 17,6 milliards. Rien n'a encore été annoncé pour 2003 et il risque d'y avoir aussi des demandes pour 2004", ajoute-t-il.

Selon bon nombre d'observateurs, en privant Ioukos de son principal actif, le Kremlin vise avant tout à détruire l'empire économique constitué par son ancien patron Mikhaïl Khodorkovski, emprisonné depuis plus d'un an pour escroquerie et évasion fiscale.

La détention de Khodorkovski, qui n'a jamais caché ses ambitions politiques, a été prolongée de trois mois jusqu'au 14 février 2005 par décision de justice. Le procureur a ajourné mardi son procès jusqu'au 9 novembre, a-t-on appris de sources judiciaires.

(Lu dans Yahoo ! Finances, le 2.11.2004)
1.11.04

Swiss info : Affaire Ioukos: le fisc russe s'en prend à Iouganskneftegaz

MOSCOU - Le fisc russe s'en prend à Iouganskneftegaz, la principale filiale de production du géant pétrolier Ioukos. Selon l'agence Interfax qui cite l'administration fiscale, elle est accusée de ne pas avoir payé 1,23 milliard de francs d'impôts au titre de 2002.

L'agence russe ajoute que le fisc a transmis à Iougansk des documents liés à une enquête portant sur 2,8 milliards de francs d'impôts au titre de 2001. Aucun responsable de Ioukos n'était joignable immédiatement pour commenter ces informations.


(Lu dans Swiss info, le 1.11.2004)

Le Monde : Le fisc s'acharne sur Ioukos

Pour des analystes de Moscou, la démarche ne vise pas seulement à "punir" Mikhaïl Khodorkovski, à qui il est reproché également d'avoir eu des ambitions politiques, mais aussi à prendre le contrôle des hydrocarbures russes.


Le fisc russe a porté, lundi 1er novembre, un nouveau coup - qui pourrait être un coup de grâce - à Ioukos, faisant plus que doubler la somme d'arriérés d'impôts réclamés au groupe pétrolier déjà au bord de la faillite et à sa principale filiale de production Iouganskneftegaz.

Les services fiscaux ont remis à Ioukos et à sa filiale de nouvelles réclamations s'élevant au total à 10 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros), selon des informations d'Interfax et d'une source au sein du groupe pétrolier.

Cette somme représente plus que la capitalisation boursière actuelle du groupe, qui est inférieure à 9 milliards de dollars (7 milliards d'euros), presque quatre fois moins qu'il y a un an et demi, avant le début de l'offensive judiciaire contre Ioukos et son patron, Mikhaïl Khodorkovski.

Celui-ci, en prison depuis un an, a vu sa détention prolongée lundi de trois mois, jusqu'au 14 février. "Si j'étais libre, il deviendrait plus difficile de se livrer publiquement à une telle destruction, dangereuse, d'une grande entreprise", a déclaré M. Khodorkovski dans la salle du tribunal de Moscou où se poursuit son procès depuis plusieurs mois.

LE FISC RÉCLAME 7,8 MILLIARDS D'EUROS

Le fisc a d'une part réclamé lundi à Ioukos des arriérés d'impôts pour 2002 de 193 milliards de roubles, soit environ 6,7 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros), selon Interfax qui citait des sources au sein des services fiscaux.

Il s'agit du résultat d'un contrôle fiscal que le géant pétrolier peut théoriquement encore contester en justice, mais le groupe a toujours été débouté précédemment.

Le numéro un du pétrole russe, cible d'une campagne considérée comme inspirée en haut lieu, est déjà en train de rembourser une dette fiscale de 7,5 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros) pour les années 2000 et 2001. Si les exigences du fisc sont confirmées, sa dette s'élèvera au total à plus de 14 milliards de dollars (10,9 milliards d'euros), 3,5 milliards de dollars ayant déjà été remboursés.

Par ailleurs, une source au sein de Ioukos a indiqué lundi à l'AFP que la principale filiale productrice du groupe, Iouganskneftegaz, avait reçu elle aussi un avis qui établit les prétentions du fisc pour 2001 à 67,7 milliards de roubles, soit 2,3 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros), et un autre, pour 2002, qui s'élève à 29,6 milliards de roubles, soit un peu plus de 1 milliard de dollars (784 millions d'euros).

Ainsi, les nouvelles réclamations du fisc annoncées lundi s'élèvent au total à 10 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros).

C'est, à quelques centaines de millions près, le prix (10,4 milliards de dollars ; 8,1 milliards d'euros) auquel le ministère de la justice a estimé à la mi-octobre Iouganskneftegaz, le "joyau" de Ioukos, qui garantit à lui seul les deux tiers de sa production et que les autorités ont décidé de mettre en vente pour recouvrer la dette due au fisc.

LE KREMLIN PREND LE CONTRÔLE

Cette estimation est nettement inférieure à l'évaluation globale faite par la Dresdner Kleinwort Wasserstein (DKW), la banque mandatée par les autorités russes, qui se situe entre 14 et 20 milliards de dollars (entre 10,9 et 15,6 milliards d'euros).

Mais, selon des fuites parues dans la presse russe, les autorités pourraient accorder en plus une réduction de 60 % à l'acquéreur de Iouganskneftegaz pour compenser les "risques" encourus en raison du maintien d'une part minoritaire appartenant à l'Etat.

A l'arrivée, l'actif le plus juteux de Ioukos pourrait être mis aux enchères à un prix de départ d'environ 4 milliards de dollars, quelque 3,1 milliards d'euros.

Pour des analystes de Moscou, la démarche ne vise pas seulement à "punir" Mikhaïl Khodorkovski, à qui il est reproché également d'avoir eu des ambitions politiques, mais aussi à prendre le contrôle des hydrocarbures russes.

Des déclarations faites la semaine dernière par un conseiller du Kremlin, Igor Chouvalov, semblent s'inscrire dans cette optique : l'affaire Ioukos n'est "qu'un début", a prévenu M. Chouvalov lors d'une conférence à Moscou.

(Lu dans Le Monde, 1.11.2004)

Reuter : JP Morgan évaluerait Iougansk (Ioukos) à $16-22 milliards

MOSCOU, 1er novembre (Reuters) - JP Morgan évalue la principale filiale de Ioukos , Iouganskneftegaz, à entre 16 et 22 milliards de dollars, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Le groupe pétrolier russe a demandé une deuxième évaluation pour sa filiale, estimée à entre 15,7 et 18,3 milliards de dollars par Dresdner Kleinwort Wasserstein lors d'une étude demandée par les huissiers chargés de récupérer les arriérés d'impôts de près de huit milliards de dollars de Ioukos.

Les huissiers se sont engagés à vendre Iougansk, qui produit un million de barils par jour (bpj) de brut, soit 60% de la production de Ioukos, mais il n'y a eu aucune annonce d'enchères officielles.

Ioukos n'était pas immédiatement disponible pour commenter.

Les deux évaluations excluent les dettes. En les intégrant, la valorisation de JP Morgan monte à 19-25 milliards et celle de DrKW à 18,6-21,1 milliards.

Les autorités ont fait savoir qu'elles se baseraient sur la fourchette basse de la valorisation de DrkW, à savoir 10,4 milliards de dollars, pour mener la vente de Iougansk. Bien que figurant dans le rapport de la banque, ce chiffre est considéré comme étant exagérément prudent.

Les deux évaluations sont calculées à partir des estimations de réserves et des comparaisons avec d'autres groupes pétroliers. Mais selon la source, JP Morgan s'est basé sur des prévisions de cours pétroliers plus élevés.

Les analystes estiment que le contrôle de Iougansk pourrait tomber entre les mains de l'Etat ou d'une société favorisée, telle que le monopole gazier Gazprom , pour seulement quatre milliards de dollars.

Mettre la main sur le joyau de Ioukos est généralement considéré comme la pièce maîtresse de la stratégie du Kremlin visant à réduire voire démanteler le groupe créé par Mikhaïl Khodorkovsky, arrêté il y a un an et désormais poursuivi pour escroquerie et évasion fiscale.

Les administrateurs de Ioukos ont laissé entendre qu'il pourrait défendre la filiale en demandant son placement sous le régime des faillites.

(Lu dans Boursorama, 1.11.2004)

Libération : Moscou réclame à Ioukos dix milliards de dollars de plus

par Richard Ayton

MOSCOU - Le fisc russe a réclamé lundi à Ioukos et Iouganskneftegaz, sa principale filiale de production, dix milliards de dollars supplémentaires d'arriérés d'impôts, ce qui porte à environ 14 milliards de dollars les sommes réclamées par l'Etat au géant pétrolier.

Ces nouvelles exigences ont été communiquées à Ioukos alors même qu'un tribunal décidait le maintien en détention de son ancien patron Mikhaïl Khodorkovski, qui en est toujours le premier actionnaire, incarcéré il y a plus d'un an pour fraude et évasion fisaclae.

Le groupe pétrolier devra s'acquitter d'au moins 193 milliards de roubles (6,7 milliards de dollars) d'arriérés d'impôts au titre de 2002, qui s'ajouteront à un total d'environ quatre milliards qu'il doit encore au fisc sur 2000 et 2001, a précisé à Reuters une source informée de la situation fiscale de Ioukos.

Ioukos a par ailleurs confirmé qu'il avait été demandé à Iouganskneftegaz, qui produit un million de barils de pétrole par jour, soit 62% de la production totale du groupe, de s'acquitter de 3,4 milliards de dollars d'arriérés, ce qui réduira d'autant la valeur de cette entreprise si, comme c'est envisagé, elle est vendue pour couvrir le passif fiscal du groupe.

A la suite d'un audit, le fisc russe a réclamé à Iougansk 67,5 milliards de roubles au titre de 2001 et augmenté à 29,6 milliards de roubles les sommes réclamées au titre de 2002.

"Nous considérons que nous avons agi dans les limites de la loi et nous ferons usage de toutes les possibilités pour contester devant les tribunaux les demandes adressées à Iouganskneftegaz", a déclaré un porte-parole de Ioukos.

L'action en roubles du groupe pétrolier a terminé lundi sur un recul de 11,81%, à 108 roubles, tandis que le titre en dollars abandonnait 4,31%, à 4,0 dollars.

VALORISATION CONTESTEE DE IOUGANSK

Des analystes estiment que Iougansk pourrait passer sous le contrôle de l'Etat ou d'une entreprise ayant les faveurs de Moscou comme le monopole gazier Gazprom pour un montant qui pourrait ne pas dépasser quatre milliards de dollars.

Les huissiers de justice ont promis de mettre Iougansk en vente pour financer le remboursement des dettes fiscales de Ioukos, retenant pour cela un prix de seulement 10,4 milliards de dollars. Ce chiffre avait été mentionné par la firme Dresdner Kleinwort Wasserstein, qui a été chargée d'une estimation de l'entreprise mais qui avait alors précisé qu'il s'agissait d'une estimation basse.

DKW avait plutôt estimé la valeur intrinsèque de la filiale de Ioukos entre 15,7 milliards et 18,3 milliards, alors que, selon certaines sources, JP Morgan, qui a été engagée pour sa part par le groupe pétrolier, aurait retenu une fourchette de 16 milliards à 22 milliards de dollars.

Bon nombre d'observateurs s'affirment convaincus qu'en privant Ioukos de son principal actif, le Kremlin vise avant tout à déruire l'empire économique constitué par Khodorkovski, qui n'a jamais caché ses ambitions politiques.

La détention de ce dernier vient d'être prolongée par une décision de justice jusqu'au 14 février.

"Chacun sait que je ne vais nulle part et que je n'ai pas l'intention d'exercer de pressions sur des témoins", avait-il déclaré, en vain, au tribunal.

Et Khodorkovski d'affirmer: "La véritable raison de mon maintien en détention est que, si j'étais libéré, la destruction de l'une des plus grosses entreprises de Russsie serait plus difficile."

"Cela fait longtemps que j'ai renoncé à ce qui m'appartenait et que j'ai offert mes actions pour régler la dette fiscale, qui a été calculée de façon illégale, afin d'essayer d'alléger les pressions exercées sur les dirigeants de la compagnie", avait-il poursuivi.

Les administrateurs de Ioukos aient envisagé de protéger l'entreprise en la déclarant en faillite mais, selon un actionnaire cité par l'agence Interfax, les nouvelles exigences du fisc ne devraient pas précipiter une telle démarche.

(Lu dans Libération, 1.11.2004)

Pourquoi l'Observatoire?


L'arrestation du PDG de la compagnie pétrolière russe YUKOS Mikhail Khodorkovsky marque un tournant important dans l'histoire de la Russie contemporaine. Incarcéré le 25 octobre 2003, il a été condamné à l'issue d'un procès inquisitorial à huit ans de camp de travail.



M. Khodorkovsky durant son procès


Son directeur financier, Platon Lebedev, a reçu la même peine. La dureté de ce traitement, disproportionnée par rapport aux faits qui leur sont reprochés, laisse supposer des motifs politiques dans l'affaire YUKOS : Mikhail Khodorkovsky est en effet connu pour ses convictions libérales et pour le soutien financier qu'il a apporté aux partis d'opposition lors des dernières élections.
Parallèlement, la compagnie YUKOS dont il était également le principal actionnaire a été soumise à des redressements fiscaux successifs toujours plus exorbitants, qui ont servi de prétexte à confiscation de la plupart des actifs de la société.
Pour tenter de pallier un certain déficit d'information en langue française, je me propose de donner - dans la mesure de mon temps disponible - une couverture au jour le jour de ce qui est perçu en Russie comme "le procès du siècle".

L'Observatrice



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Vladimir Pereverzine, libre et révolté.

Bonne Année 2012 !

15 décembre.

Khodorkovsky - LE FILM.

Vassili Alexanian, une interview inédite.

Vassili, le dernier adieu.

Vassili Alexanian est décédé

Le Figaro: Au dernier jour de son procès, Khodorko...

Point final dans l'Affaire Alexanian

Le Figaro: Plus de procès pour un ancien de Ioukos...



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L'affaire Yukos sur Internet


Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky
Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky (en anglais et en russe)

Centre de presse de Platon Lebedev
Centre de presse de Platon Lebedev en anglais et en russe

SOVEST - Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky
Groupe "SOVEST" ("Conscience" en russe) : Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky (en français)

The Mikhail Khodorkovsky Society
The Mikhail Khodorkovsky Society (blog anglophone)

Yukos Shareholders Coalition
Coalition des actionnaires de Yukos pour poursuivre en justice le gouvernement russe (anglais)

Dossier du journal Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos
Dossier du journal d'opposition Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos (en russe)

Fond Mission libérale
Excellent site du Fond "Mission libérale" (en russe). Sur l'affaire Yukos et, beaucoup plus largement, sur le libéralisme en Russie

Bibliographie


Je vous propose une sélection de documents en français, anglais ou russe


Sur le procès et l'affaire Yukos

Patrick Klugman : En défense de Mikhail Khodorkovski

André Gluksmann : Mikhail Khodorkovski prisonnier de la verticale du pouvoir

Film BBC "Russian Godfathers 2: The Prisoner" (Youtube, en 6 parties)

Rapport d'experts étrangers sur le déroulement du procès (eng, .pdf, 81 KB)

Analyse des accusations par les avocats de la défense (eng, .pdf, 153 KB)

Sur Mikhail Khodorkovsky

"Le roi du pétrôle piégé par ses ambitions", Hélène Depic-Popovic, Libération, 27.10.2003

"La mutation d'un oligarque", Nathalie Nougayrède, Le Monde, 21.11.2003

"A falling Tsar", Chrystia Freeland, The Financial Times, 01.11. 03 (eng)

"Yukos, a Case Study" by Konstantin Korotov, Stanislav Shekshnia, Elizabeth Florent-Treacy and Manfred Kets de Vries, (eng, .pdf, 589 KB)

L'affaire Yukos dans :


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  • The Moscow News
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  • The Moscow Times

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