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26.8.05

AFP : Mikhaïl Khodorkovsky arrête sa grève de la faim

MOSCOU (AP) -- L'ancien patron du géant pétrolier Ioukos Mikhaïl Khodorkovsky a mis vendredi un terme à sa grève de la faim, menée pendant presque une semaine en solidarité avec son collègue Platon Lebedev, qui avait été transféré à l'isolement le 19 août.
L'ex-oligarque, qui avait cessé de s'alimenter vendredi dernier, a mis fin à son mouvement jeudi en apprenant aux informations du soir que son ami avait réintégré sa cellule habituelle, a précisé son avocat Anton Drel.
Khodorkosky et Lebedev ont été condamnés chacun à neuf années de prison pour fraude et évasion fiscale, à l'issue d'un procès très politique amplement considéré comme un moyen pour le Kremlin de Vladimir Poutine de punir un de ses opposants les plus virulents.

(AFP via Le Nouvel Obs, 26.8.2005)
25.8.05

RIA Novosti : L'examen médical de Mikhaïl Khodorkovski a montré que "ses jours ne sont pas en danger" (avocat)

MOSCOU, 25 août - RIA Novosti. Les médecins de la maison d'arrêt ont examiné l'ex-patron de YOUKOS, Mikhaïl Khodorkovski, a fait savoir jeudi l'un de ses avocats - Anton Drel.

"Les médecins ont constaté un état ordinaire, typique en cas d'une grève de la faim", a cité l'avocat les paroles de son client.

Mikhaïl Khodorkovski s'est mis en grève de la faim le 19 août dernier par solidarité avec Platon Lebedev qui avait été placé au cachot pour grossièreté à l'égard des collaborateurs de la prison.

"Mikhaïl Khodorkovski cessera sa grève de la faim dès qu'il apprendra que Lebedev a réintégré sa cellule normale", a indiqué Anton Drel.

(Ria Novosti, 25.8.2005)

RIA Novosti : L'avocat de Mikhaïl Khodorkovski désapprouve la grève de la faim de son client

MOSCOU, 25 août - RIA Novosti. C'est en vain que l'ancien-PDG du géant pétrolier russe YOUKOS, Mikhaïl Khodorkovski, a commencé une grève de la faim, a estimé jeudi au cours d'une conférence de presse à RIA-Novosti son avocat - Guenrich Padva. "C'est une mesure extrême, et il (Mikhaïl Khodorkovski) a pris cette décision en vain", a dit Guenrich Padva. Selon ce dernier, son client s'y est décidé par solidarité avec son camarade Platon Lebedev et en signe de protestation contre le placement de celui-ci au cachot. Platon Lebedev avait été condamné avec Mikhaïl Khodorkovski lui-même pour fraude fiscale à neuf ans de prison.

Guenrich Padva a également raconté que quand il avait vu pour la dernière fois son client, ce dernier ne parlait pas distinctement et avait des réactions plutôt lentes. Quoi qu'il en soit, jusqu'à la journée d'hier, Mikhaïl Khodorkovski n'a pas été alimenté de force, a indiqué l'avocat.

La veille, le directeur du Service fédéral d'application des peines, Youri Kalinine, a démenti l'information selon laquelle l'ex-patron de YOUKOS aurait débuté une grève de la faim.

"L'administration de la maison d'arrêt n'est pas au courant", a indiqué Y. Kalinine à RIA-Novosti.

Dans le même temps, le chef de l'administration pénitentiaire russe a fait remarquer que tout détenu était en droit de faire la grève de la faim à condition évidemment qu'il ne viole pas ainsi le régime de détention.

Cela dit, Youri Kalinine a fait savoir toutefois que, conformément à la loi, un certain temps après le début de la grève de la faim, le "gréviste" détenu devait faire l'objet d'une surveillance médicale. Si son état de santé se dégrade, l'administration de l'établissement pénitentiaire est en droit, voire tenue, de commencer à le nourrir de force, a ajouté le général.

Auparavant, un autre avocat de Mikhaïl Khodorkovski - Anton Drel - a noté que son client n'avait pas informé l'administration de la prison de sa grève de la faim car il n'avait personnellement rien à reprocher à la maison d'arrêt elle-même.

(RIA Novosti, 24.8.2005)
23.8.05

Le Nouvel Obs : Mikhaïl Khodorkovsky en grève de la faim

L'ex-patron de Ioukos poursuit une grève de la faim en prison en soutien à son camarade Platon Lebedev, condamné au cachot.

Anton Drel, l'avocat de l'ex-patron du géant pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné à neuf ans de prison pour fraude fiscale, a annoncé mardi 23 août que son client "poursuit depuis plusieurs jours une grève de la faim" en prison par solidarité avec son camarade Platon Lebedev, condamné au cachot.
Platon Lebedev était l'un des proches associés du magnat du pétrole, président du comité de direction de la banque Menatep, l'une des composantes de l'empire Khodorkovski.
Me Anton Drel, qui a précisé que son client refusait tant la nourriture que la boisson, a lu à l'antenne de la radio Echo de Moscou, un communiqué du milliardaire emprisonné.
"Le 19 août 2005, le jour anniversaire du putsch du GKTchP (comité d'Etat pour la situation d'urgence, conservateurs communistes), mon camarade Platon Lebedev a été conduit au cachot dont la surface est de trois mètres carrés", indique Mikhaïl Khodorkovski.
"Bien que formellement cet acte de représailles est expliqué par le refus de Lebedev de sortir en promenade, tout le monde comprend que ce n'est qu'un prétexte", poursuit-il.

"Nous sommes ensemble"

"Platon est gravement malade et depuis plus d'un an, il n'est pas en mesure de faire les promenades en prison. Il est évident que mon ami a été jeté au cachot parce qu'on voulait se venger sur moi, le détenu Mikhaïl Khodorkovski, pour mes articles et interviews", affirme l'homme d'affaires.
"Que le Kremlin pense qu'il manifeste ainsi sa force. En fait, c'est une manifestation de faiblesse et de peur", ajoute l'ancien patron pétrolier.
"Incapables d'engager un débat politique ouvert avec moi, ils utilisent leur dernière arme: le cachot et la cellule collective", écrit-il, dans une allusion à son transfert dans une cellule abritant 15 autres détenus.
"J'ai entamé la grève de la faim en solidarité avec mon ami Platon Lebedev. Il sait qu'il n'est pas seul. Et tous mes compatriotes, dont le cœur bat pour la justice et la liberté, doivent le savoir: nous sommes ensemble", conclut le communiqué de Mikhaïl Khodorkovski.

Statut de libérateur

Condamné le 31 mai à l'issue d'un procès largement considéré comme inspiré en haut lieu, Mikhaïl Khodorkovski s'est présenté, dès l'annonce du verdict, en "libérateur" de la Russie, se dessinant une stature de "prisonnier politique".
Des ambitions applaudies par les libéraux, mais qui sont loin de l'être par une population très hostile aux "oligarques", enrichis grâce aux privatisations controversées des années 1990.
Comme leurs avocats ont fait appel, Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev se trouvent toujours dans une prison pour détenus dont le procès n'est pas terminé et non dans une colonie pénitentiaire.

(Le Nouvel Obs, 23.08.2005)

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Commentaire : Précisions sur les conditions de détentions de Platon Lebedev.

On peut comprendre l’indignation de Khodorkovski. Les avocats de Lebedev ont décrit ses conditions de détention actuelles: une pièce de 3 mètres carrés, située dans les sous-sols de la prison, sans fenêtre, sans table ni chaise, éclairée par une faible lampe. Le châlit peut être abaissé de 10 heures du soir à 6 heures du matin, le reste du temps le détenu doit se tenir assis par terre. Il n’a la place de faire que deux pas dans chaque direction.

AFP: Khodorkovski fait la grève de la faim en prison (avocat)

L'ex-patron du géant pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné à neuf ans de prison pour fraude fiscale, "poursuit depuis plusieurs jours une grève de la faim" en prison par solidarité avec son camarade Platon Lebedev, condamné au cachot, a annoncé mardi son avocat Anton Drel sur la radio Echo de Moscou.

Dans un communiqué du milliardaire emprisonné lu à l'antenne, Me Drel a précisé que son client refusait tant la nourriture que la boisson.

"Le 19 août 2005, le jour anniversaire du putsch du GKTchP (comité d'Etat pour la situation d'urgence, conservateurs communistes), mon camarade Platon Lebedev a été conduit au cachot dont la surface est de 3 mètres carrés", indique M. Khodorkovski.

"Bien que formellement cet acte de répression est expliqué par le refus de Lebedev de sortir en promenade, tout le monde comprend que ce n'est qu'un prétexte", poursuit-il. Les autorités voulaient "se venger sur moi, le détenu Mikhaïl Khodorkovski, pour mes articles et interviews", affirme l'homme d'affaires.

"Que le Kremlin pense qu'il manifeste ainsi sa force. En fait, c'est une manifestation de faiblesse et de peur", ajoute l'ancien pétrolier.

AFP via Le Monde, 23.08.2005

Libération : Mikhail Khodorkovski a entamé une grève de la faim

Par Hélène DESPIC-POPOVIC

L'ex-patron du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné à neuf ans de prison pour fraude fiscale, observe «depuis plusieurs jours» une grève de la faim par solidarité avec son ancien bras droit, Platon Lebedev, jeté au cachot en dépit de ses problèmes de santé quelques jours avant que son affaire ne repasse devant la justice. C'est ce qu'a annoncé lundi son avocat, Me Anton Drel, sur la radio Echo de Moscou. L'ancien oligarque, très critique du régime du président russe Vladimir Poutine, refuse, selon son défenseur, nourriture et boisson.

Me Anton Drel a lu à l'antenne un communiqué du milliardaire emprisonné: «Le 19 août 2005, le jour anniversaire du putsch du GKTchP (ndlr :comité d'Etat pour la situation d'urgence, conservateurs communistes s'étant soulevés contre Gorbatchev en 1991), mon camarade Platon Lebedev a été conduit au cachot dont la surface est de trois mètres carrés», explique Khodorkovski. «Bien que formellement cet acte de représailles est expliqué par le refus de Lebedev de sortir en promenade, tout le monde comprend que ce n'est qu'un prétexte», poursuit-il. «Platon est gravement malade et depuis plus d'un an, il n'est pas en mesure de faire les promenades en prison. Il est évident que mon ami a été jeté au cachot parce qu'on voulait se venger sur moi, le détenu Mikhaïl Khodorkovski, pour mes articles et interviews», affirme l'homme d'affaires. Le même texte a été lu partiellement sur la chaîne nationale de télévision NTV.

Les démêlés des deux anciens associés, tous deux condamnés à neuf ans de prison, se sont aggravés depuis la publication le 1er août par la presse russe d'un article surprenant de Mikhaïl Khodorkovski prônant un virage à gauche de la Russie pour contrer l'actuel dérapage autoritaire de Vladimir Poutine. Il expliquait notamment que les libéraux modérés doivent entrer en coalition avec la gauche pour répondre aux aspirations sociales et aux besoins de justice de la population lors des prochaines parlementaires de 2007. Et il s'affirmait prêt, quelques jours plus tard, à se présenter aux élections. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Le 8 août, Lebedev, qui était soigné à l'hopital de la prison, a été transféré dans une cellule bondée de neuf personnes. Le 19, il a été mis au cachot officiellement pour avoir refusé de faire sa promenade hebdomadaire, ce qui, plaide son avocat, constitue un droit et non pas une obligation. Le 9 août, Khodorkovski a été placé dans une cellule de 15 personnes sous prétexte de travaux. Les avocats de Platon Lebedev estiment que le transfert de leur client dans une cellule d'isolement viole ses droits à la défense, son procès devant être revu en appel à la fin du mois par une cour de Moscou.

Lu dans Libération, le 23 aout 2005
19.8.05

Lebedev au cachot.

De mieux en mieux. Au début du mois Platon Lebedev, ex-président de la holding financière MENATEP et co-accusé de Mikhail Khodorkovski avait été transféré de sa cellule à l’infirmerie de la prison dans une cellule ordinaire de 9 personnes. Aujourd’hui, les matons ont décidé de l’envoyer au mitard pour huit jours. Motif : refus de se rendre à la promenade. Alors même que d’après le règlement de la prison, la promenade est un droit et nullement une obligation pour les détenus.



Je ne peux que répéter ce que j’avais déjà écrit un an auparavant :
Platon Lebedev, 48 ans, est gravement malade. Il avait été arrêté, on s'en souvient peut-être, à l'hôpital où il venait d'être placé à la suite d'une crise d'hypertension. Depuis son emprisonnement en juillet 2003, son état de santé n'a cessé de se dégrader. A aucun moment il n'a eu accès aux soins médicaux nécessaires, sa famille n'a pas le droit de lui faire passer ses médicaments habituels, les examens prescrits par les médecins qui l'ont examiné (suite à l'intérêt manifesté pour son cas par la Cour Européenne de Justice) n'ont pas été effectués.
En février 2004, lors d'une audience de son procès, il s'est évanoui. Le tribunal a fait appeler les médecins du 03 (SAMU russe) qui l'ont examiné et lui ont fait une piqûre, après quoi on l'a renvoyé sur le banc des accusés et l'audience a continué. Les avocats n'ont pas été autorisés à parler aux médecins qui ont pratiqué cette intervention.
Platon Lebedev souffre de plusieurs maladies chroniques, en particulier d'hypertension et d'une hépatite virale chronique active. Le laisser sans soins en ce moment est un véritable crime, qui non seulement met actuellement sa vie en danger, mais qui raccourcit considérablement son espérance de vie dans l'avenir, laissant se développer dans son organisme un virus impossible à combattre par la suite. Conséquence d'une hypertension chronique mal corrigée, la vue de P.Lebedev s'est dégradée au point que durant l’instruction, il était incapable de lire son dossier d'accusation sans l'aide d'une loupe spéciale (que les autorités de la prison ont fini par lui retirer)…

Il est significatif que cette sanction intervienne au moment où Lebedev est censé préparer son pourvoi en cassation. Le délai imparti pour cela prenant fin précisément l’issue de la semaine de cachot (durant laquelle le détenu n’aura accès à aucun document), cette mesure disciplinaire est une violation flagrante du droit à la défense. Il est vrai que lorsque l’on connaît le talent procédurier de Lebedev et les erreurs commises par l’accusation et les juges eux-mêmes au cours du procès, on peut comprendre leur inquiétude devant la perspective d’un débat public de plus. Espérons seulement que la Cour Européenne des Droits de l’Homme appréciera ce procédé à sa juste valeur.

AFP : Khodorkovski détenu dans une cellule avec 15 personnes et privé de journaux

Les avocats de l'ex-patron du géant pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné à neuf ans de prison pour fraude fiscale, ont dénoncé vendredi les mauvaises conditions de détention de leur client incarcéré dans une cellule avec 15 autres détenus.

"Mikhaïl Khodorkovski a été privé de journaux. La télévision en noir et blanc qui se trouve dans sa cellule est impossible à regarder et le réfrigérateur est trop petit pour 16 personnes. C'est inadmissible. Il s'agit d'une violation des droits des détenus", a déclaré à l'AFP son avocate, Karina Moskalenko.

L'avocate a indiqué qu'elle avait protesté auprès de la direction de la prison.

Le 9 août, M. Khodorkovski avait été transféré dans une cellule de 16 personnes de la prison de Matrosskaïa Tichina à Moscou, officiellement en raison de travaux.

Pour l'opposition libérale, il s'agissait d'une réaction du pouvoir au fait que "Khodorkovski ne s'était pas laissé +briser+". Ce dernier venait de donner une longue interview dans laquelle il accusait le président Vladimir Poutine d'avoir fait démanteler le groupe Ioukos.

L'associé de M. Khodorkovski, l'ex-patron du holding Menatep, Platon Lebedev, condamné lui aussi à neuf ans de prison, a été placé jeudi en cellule d'isolement pour une semaine, "parce qu'il avait refusé d'effectuer sa promenade hebdomadaire", a indiqué son avocat Konstantin Rivkine.

"Mais la promenade est un droit et non une obligation", s'est étonné M. Rivkine, affirmant que cette décision "viole les droits" de la défense de son client qui ne pourra plus prendre connaissance des procès-verbaux de son procès, en vue de son appel.

Comme leurs avocats ont fait appel, M. Khodorkovski et M. Lebedev se trouvent toujours dans une prison pour détenus dont le procès n'est pas terminé et non dans une colonie pénitentiaire.

AFP via Le Monde, le 19.08.2005
10.8.05

Ria Novosti : Des libéraux demandent à Mikhaïl Khodorkovski de se présenter aux élections

MOSCOU, 10 août - RIA Novosti. L'ancien propriétaire de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, réfléchit à la proposition qui lui a été faite de se présenter aux élections à la Douma (chambre basse du parlement russe). Selon les experts, les chances de Khodorkovski d'obtenir un mandat de député sont infimes, mais ce qui importe pour lui c'est de participer et non pas d'obtenir un résultat, écrit le quotidien Vedomosti.

Une source proche de l'ancien pdg de Ioukos a annoncé que cette proposition de candidature lui avait été faite par des "politiques démocrates mentionnés dans l'article Virage à gauche publié le 1-er août, c'est-à-dire le parti Yabloko, le député Vladimir Ryjkov et l'ex-députée Irina Khakamada.

L'article 32 de la Constitution russe autorise Mikhaïl Khodorkovski à se présenter dans la 201e circonscription de Moscou, celle de l'Université (le député local Mikhaïl Zadornov a abandonné son mandat pour entrer à la Vneshtorgbank). "Une maison d'arrêt n'est pas un lieu de privation de liberté. Tant que la procédure de cassation se poursuit le jugement n'est pas exécutoire", explique le directeur du Bureau moscovite de la jurisprudence politique, Alexandre Chemeliev.

"Si Mikhaïl Khodorkovski se trouvait en maison d'arrêt en qualité de prévenu, il jouirait du droit d'élire et d'être élu, mais un jugement a été prononcé à son encontre et la Commission électorale centrale pourrait utiliser cet argument pour refuser d'enregistrer sa candidature", objecte Souren Avakian, chef de la chaire de droit constitutionnel et municipal de la faculté de droit de l'Université de Moscou.

"L'idée de se présenter aux élections est gagnante à tous les coups, estime le directeur de l'Institut de stratégie nationale, Stanislav Belkovski. Si l'on refuse d'enregistrer sa candidature, cela attestera que le pouvoir a peur de lui. Dans le cas contraire il mettra la campagne à profit pour critiquer le pouvoir, ce qui mobilisera ses partisans et abaissera la cote de popularité du président".

"Si Khodorkovski se fait à l'idée de pouvoir mourir d'une quelconque maladie carcérale, alors il peut tenter de se présenter aux législatives. Il montrerait alors qu'il est bien décidé à exercer une activité publique", pense le politologue Dmitri Orechkine.

Cependant, Khodorkovski n'a aucune chance d'obtenir l'immunité parlementaire, constate le journal, Vedomosti. C'est ce que tout le monde admet étant donné qu'il est quasiment certain que le Tribunal municipal de Moscou confirmera le verdict prononcé par le tribunal Mechtchanski et qu'il le fera dans les délais les plus brefs. L'avocate Elena Liptser dit que "nous savons que dans certaines affaires toutes les instances peuvent être franchies très rapidement, même en un mois".

RIA Novosti, le 10.08.2005
5.8.05

Khodorkovski mis au secret.

Le 1er aout dernier Mikhail Khodorkovski, ex PDG de la compagnie pétrolière Yukos et détenu du centre pénitentiaire de Matrosskaya Tishina, a publié dans le quotidien d’affaire russe Vedomosti un long article politique intitulé « Virage à gauche ».
Le contenu a de quoi surprendre, de la part de celui qui était estimé en 2003 comme la première fortune de Russie et qui était considéré par beaucoup à Moscou comme le martyr de la cause libérale. Il est vrai que le personnage est coutumier des revirements spectaculaires. Cadre des Jeunesses communistes durant la perestroïka, Khodorkovski fonde la MENATEP, l’une des premières banques privées de Russie, qui fait de lui l’un des « oligarques », ces hommes riches et puissants qui influent sur la politique du président Eltsine. En 1995, il obtient, en participant à des ventes aux enchères largement truquées la compagnie pétrolière Yukos, dont il fait l’une des entreprises les plus florissantes du pays. Ses méthodes de gestion, peu scrupuleuses mais efficaces, lui valent d’être mis au ban de la finance internationale, mais en 1999 il se convertit la gouvernance d’entreprise, investit dans les relations publiques, et son entreprise devient bientôt le chouchou des investisseurs étrangers. Parallèlement il crée en 2000 la fondation Russie Ouverte qui finance d’importants programmes dans le domaine de l’éducation et de la culture, de l’informatisation, mais aussi de la diffusion de la pensée libérale. Trop indépendant dans la gestion de son entreprise comme dans ses opinions politiques, il est accusé de fraude fiscale et de malversations, arrêté en octobre 2003, immédiatement incarcéré, et condamné au printemps 2005 à neuf ans de camp de travail.

Dans son texte, Khodorkovski souligne l’insatisfaction de la population russe envers le gouvernement actuel et la montée de l’agitation sociale, prédit le succès des partis de gauche (PC et « La Patrie ») aux prochaines élections parlementaires russes de 2007, et affirme la nécessité de mener une politique économique plus sociale et plus solidaire, afin de réconcilier le peuple russe avec son histoire récente et les résultats des privatisations. Selon Mikhail Khodorkovski, le parti de M. Poutine ne serait plus en mesure, dans des conditions démocratiques, de remporter les élections et ne verrait son salut que dans une escalade autoritaire. Aussi les libéraux modérés doivent-ils s’allier dans une large coalition démocratique avec les partis de gauche, pour « réconcilier enfin les valeurs de liberté et de justice ».

Le texte de Khodorkovski a fait scandale dans les milieux libéraux. Bien que beaucoup reconnaissent la justesse des analyses de l’ex-PDG, l’hypothèse d’une alliance avec le PC est largement perçue comme inacceptable, et certains n’hésitent pas à parler de « trahison ».
Mais les réactions n’ont pas été moins vives dans le camp du pouvoir. Le lendemain de cette publication, le porte-parole du parti pro-poutinien « Russie Unie » sommait les dirigeants de « La Patrie » d’exclure de leurs rangs les « partisans de M. Khodorkovski et des oligarques » et les accusait de s’être « vendus » à l’ex-patron de Yukos. La situation ne manque pas de sel lorsque l’on sait que « La Patrie » a toujours été en pointe dans le combat contre les oligarques – y compris contre Mikhail Khodorkovski, et que l’on se souvient des conditions de l’apparition de ce parti, notoirement considéré comme un parti marionnette, crée par le Kremlin dans le seul but de détourner une partie des voix du Parti Communiste.
La réponse de « La Patrie » ne s’est pas fait attendre – son leader Dmitri Rogozine a vertement répondu que les allégations de Russie Unie étaient mensongères, que Khodorkovski, dépouillé de sa fortune, n’était plus en état de financer quoi que ce soit, et que seuls de « parfaits crétins pouvaient encore le considérer comme un oligarque ».

Tout cela serait finalement plutôt comique si Mikhaïl Khodorkovski n’avait pas eu à payer ses réflexions politiques à voix haute par une aggravation brutale de ses conditions de détention. Hier, mardi 9 août, il a été transféré de la cellule à cinq places où il avait été placé depuis son arrestation le 25 octobre 2003 dans une cellule de onze personnes, et a été privé du droit de lire les journaux, de regarder la télévision, et de recevoir des colis. De plus, ses avocats se sont vu refuser la consultation des originaux des procès-verbaux des audiences du procès, alors qu’ils préparent le pourvoi en cassation de leur client.

Le procédé est particulièrement sordide, mais ce n’est qu’un pas de plus dans l’arbitraire, logique pour ceux qui ont suivi de près l’affaire Yukos depuis son commencement. C’est en effet peu après que M. Khodorkovski ait annoncé son soutien financier aux partis d’opposition (dont, d’ailleurs, le PC) à la veille des élections parlementaires de 2003 que les premières accusations ont été portées contre sa compagnie. Ruiné par des redressements fiscaux aux montants invraisemblables (supérieurs mêmes aux bénéfices de sa compagnie pétrolière), condamné pour des pratiques qui étaient – et sont toujours – monnaie courante dans le monde des affaires russe, abondamment calomnié par la télévision d’Etat, alors que d’autres oligarques continuent de bénéficier des faveurs du Kremlin, Khodorkovski paie surtout pour s’être désolidarisé de l’équipe au pouvoir, pour avoir dénoncé la corruption dans l’entourage du président, et pour avoir élaboré et proclamé publiquement sa propre vision de l’avenir de la Russie.

Durant une année de procès spectacle – année passée dans une étroite cage aux barreaux de fer en compagnie de son co-accusé Platon Lebedev – Mikhail Khodorkovski n’a cessé de proclamer son innocence, mais aussi sa confiance dans l’avenir, dans son pays, dans les valeurs de liberté et de démocratie. Celui qui, quelques jours avant son interpellation, avait déclaré aux journalistes « Je n’ai pas l’intention de devenir un émigré politique, s’ils veulent m’arrêter, qu’ils m’arrêtent. » n’a rien perdu de sa détermination et continue depuis sa prison de narguer les commanditaires de l’affaire Yukos, des proches du président Poutine et de hauts responsables du parquet général.

Ironie du sort, la télévision française rediffusait la veille au soir le film de Costa-Gavras L’Aveu. Au centre de l’intrigue, un haut dignitaire du Parti Communiste Pragois, joué par Yves Montand, accusé en 1952 d’espionnage au profit des Etats-Unis, emprisonné et contraint par la torture à signer des aveux délirants. Jusqu’à aujourd’hui, il était permis de se réjouir de ce que la Russie semblait avoir au moins rompu avec ce savoir-faire douteux, même si elle a visiblement gardé le goût des procès pour l’exemple,Mais les évènements des dernières vingt-quatre heures prouvent que le chantage physique et psychologique le plus direct est toujours de mise envers les opposants au régime.

Mesures de rétorsion physique, usage de substances psychotropes, chantage à la famille, interdiction de consulter un médecin, entraves multiples au droit de la défense, procès joué d’avance… Quelles avanies Mikhail Khodorkovski et ses collègues d’infortune devront-il encore subir avant que le tribunal de Strasbourg mette l’affaire Yukos à son ordre du jour ? Combien de temps encore nos dirigeants feront-il semblant de suivre les officiels russes dans leurs amalgames entre l’affaire Yukos et les scandales Enron et Parmalat ? Amnesty International a publié au printemps un communiqué alambiqué pour refuser à Mikhail Khodorkovski le statut de prisonnier politique. Attend-elle de devoir le faire à titre posthume ?
Face aux horreurs de l’histoire du XXe siècle, soigneusement analysées par les universitaires et mises en images par les scénaristes, il est aisé et valorisant de s’indigner, de condamner, et de s’étonner du manque de discernement de la plupart des contemporains des évènements. Malheureusement les leçons du passé ne semblent jamais devoir être tirées et le présent nous trouve toujours aussi aveugles…
4.8.05

Les Echos : Mikhaïl Khodorkovski

C'est la figure la plus emblématique de ces oligarques nés sous Boris Eltsine. Ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski est tombé, victime des coups de boutoir du Kremlin... et de ses propres ambitions.

Le verdict était attendu. Le 31 mai 2005, Mikhaïl Khodorkovski et son associé Platon Lebedev, reconnus coupables de fraude fiscale et de détournement de fonds, ont été condamnés à neuf ans de prison. Il a fallu douze jours pour lire les 1.000 pages du verdict. De la cage où il suivait les audiences depuis onze mois, Mikhaïl Khodorkovski n'a pas eu l'air vraiment surpris. Depuis son arrestation mouvementée, sur un petit aérodrome de Sibérie, le 25 octobre 2003, l'homme d'affaires déchu s'estime en effet victime d'une machination politique orchestrée par le maître du Kremlin, Vladimir Poutine. Assuré de rester en prison au-delà de 2008, année de l'élection présidentielle en Russie, Mikhaïl Khodorkovski est aujourd'hui, aux yeux de Poutine, neutralisé...

L'ascension et la chute de Mikhaïl Khodorkovski sont emblématiques des mutations survenues en Russie depuis la chute du communisme. Développement d'un capitalisme sans foi ni loi, privatisations douteuses, querelles de clans, le tout sur fond de bataille pour le contrôle des richesses du pays et la mainmise sur les conglomérats jadis gérés par le Parti communiste. Tous les ingrédients d'une « saga moscovite » sont réunis. Plus que tout, la carrière de Mikhaïl Khodorkovski résume la destinée de ceux que l'on appelle les « oligarques ». A ces nouveaux capitalistes nourris dans le giron de l'ancien régime, la présidence de Boris Eltsine offrit de formidables occasions de s'enrichir. Ils firent main basse sur des pans entiers de l'économie, profitant de leurs relations parmi les anciens officiers du KGB ou les anciens apparatchiks du Parti pour bâtir d'immenses empires, s'approchant toujours dangereusement de la ligne jaune qui sépare le monde politique de celui des affaires. A ce jeu-là, Mikhaïl Khodorkovski a fini par se brûler les ailes.

Avant d'être patron du premier groupe pétrolier russe, adepte des méthodes de management à l'occidentale et libéral convaincu, Mikhaïl Khodorkovski profita d'abord du système soviétique. Il naît à Moscou en 1963, fils d'un couple d'ingénieurs communistes convaincus. Le jeune Mikhaïl entre vite dans le moule. Par conviction ou par opportunisme ? Un peu des deux sans doute. Comment, d'ailleurs, faire autrement à une époque où, pour s'inscrire en faculté ou trouver un travail, l'appartenance au Parti est quasiment obligatoire ? Peut-être cherche-t-il aussi à faire oublier son nom d'origine juive qui le condamne aux seconds rôles. Au milieu des années 1980, le futur tycoon du pétrole se retrouve en tout cas responsable des Jeunesses communistes d'un arrondissement de Moscou, tout en poursuivant des études de chimie puis d'économie.

Avec les relations nouées au Komsomol et dans les instances du Parti, Mikhaïl Khodorkovski peut, à vingt-trois ans, se lancer dans les affaires. Nous sommes en 1986, en pleine perestroïka. Au pouvoir depuis 1985, Mikhaïl Gorbatchev desserre l'étau qui étouffe la société depuis soixante-dix ans pour redonner un nouveau souffle au pays, notamment sur le plan économique. Bannie depuis 1926, la libre entreprise retrouve droit de cité. Partout émergent des coopératives, de petites structures commerciales. C'est précisément une coopérative que fonde Khodorkovski. Profitant de l'ouverture des frontières, elle importe des ordinateurs et des logiciels. L'affaire s'étend à d'autres produits, notamment des jeans et des vêtements importés des Etats-Unis.

Que Mikhaïl Khodorkovski ait profité de ses bonnes relations avec les apparatchiks de Moscou pour obtenir les autorisations nécessaires aux importations et pour s'assurer des débouchés locaux, notamment dans l'administration, cela ne fait aucun doute. Qu'il ait servi ces mêmes apparatchiks en ordinateurs, vêtements et aussi en argent pour conforter ses positions, cela est probable. Toujours est-il qu'en 1989, la coopérative affiche déjà un chiffre d'affaires de 10 millions de dollars. Un chiffre prometteur. Et qui permet surtout à Mikhaïl Khodorkovski de franchir une nouvelle étape.

En 1990, l'Etat autorise la création de banques privées. Fort de l'argent gagné dans l'importation, Mikhaïl Khodorkovski est l'un des premiers à franchir le pas en créant sa propre banque : Menatep. L'établissement a-t-il prospéré grâce à l'« or du Parti », disparu au moment du putsch manqué d'août 1991 contre Mikhaïl Gorbatchev ? Certains l'ont soutenu, même si Mikhaïl Khodorkovski s'en est défendu. Ce qui est sûr en revanche, c'est que Menatep a tissé dès le départ des liens étroits avec les cercles dirigeants de Moscou puis de Russie, comptant parmi ses clients l'administration du fisc, la municipalité de Moscou ou l'Agence pour l'exportation d'armes. Aux apparatchiks angoissés par les bouleversements en cours, Mikhaïl Khodorkovski a certainement su prêter une oreille compréhensive et donner des gages tout en nouant de précieuses relations avec les autres clans, notamment celui de Boris Eltsine.

Lorsque l'Union soviétique disparaît officiellement en 1991, Mikhaïl Khodorkovski est très proche de celui qui est devenu président de la Fédération de Russie. En 1993, il est nommé ministre de l'Energie, poste qu'il occupe de manière éphémère, mais qui ne trompe pas : l'homme d'affaires a su soigner ses relations. Il continuera à le faire par la suite, finançant notamment, avec d'autres, la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), puis la campagne électorale de Boris Eltsine. C'est en tout cas comme ministre de l'Energie qu'il fait connaissance avec Ioukos, l'un des géants russes du pétrole.

1995. Plus affairiste que jamais, Boris Eltsine lance la privatisation des entreprises d'Etat. L'opération tourne à la foire d'empoigne, au plus grand bénéfice d'une poignée de capitalistes aux dents longues, tous liés au clan présidentiel. Mikhaïl Khodorkovski en fait partie. Un peu plus tôt, il a créé un holding, Rosprom, qui a multiplié les prises de participation dans des entreprises de la chimie, du textile, de la construction et des mines. Il obtient sans difficulté que Menatep participe aux enchères pour la privatisation de Ioukos. Et emporte le morceau pour 350 millions de dollars, une somme dérisoire vu l'importance du groupe...

L'homme qui va bientôt se faire le chantre d'un capitalisme moralisé à l'occidentale se révèle d'abord un virtuose des montages financiers douteux. En 1998, la Russie connaît un krach financier qui ruine des dizaines de milliers d'épargnants. La banque Menatep est entraînée dans la débâcle. Afin d'éviter de rembourser ses créanciers étrangers qui lui ont consenti un prêt de 266 millions de dollars - Mikhaïl Khodorkovski transfère la plupart des actifs de Ioukos vers des zones offshore. L'opération se fait quasi clandestinement, l'homme d'affaires ayant pris soin de tenir une assemblée générale extraordinaire à 1.300 kilomètres de Moscou, dans une zone très difficile d'accès, afin d'empêcher les minoritaires de venir gêner ses projets. A la fin des années 1990, la réputation de Mikhaïl Khodorkovski parmi les investisseurs est au plus bas.

La transformation de l'oligarque aux méthodes douteuses en un manager moderne se fait au début des années 2000. Il semble que Mikhaïl Khodorkovski ait fini par comprendre que la conduite des affaires dans un secteur aussi stratégique que le pétrole, sujet de surcroît à de spectaculaires opérations de concentration partout dans le monde, ne pouvait plus s'accommoder des anciennes pratiques. Entre 2000 et 2002, Mikhaïl Khodorkovski introduit ainsi chez Ioukos une comptabilité à l'occidentale, investit dans de nouveaux équipements, s'entoure de managers occidentaux venus du secteur pétrolier, affiche une transparence encore très rare en Russie. Porté par le boom du marché pétrolier et par une gestion rigoureuse, Ioukos devient le premier groupe pétrolier russe. En 2001, sa valeur est estimée à 18 milliards de dollars.

C'est alors que Mikhaïl Khodorkovski franchit la ligne jaune. Devenu l'homme le plus riche de Russie avec une fortune estimée à 8 milliards de dollars, adulé par les investisseurs, il commence à avoir des ambitions. Depuis quelque temps déjà, il finance des programmes éducatifs, des fondations, des orphelinats et des organisations de droits de l'homme, se peaufinant ainsi une image sociale en prévision d'une probable entrée en politique. Ses professions de foi libérales, ses allers-retours incessants aux Etats-Unis, les bonnes relations qu'il entretient à la Maison-Blanche, tout cela finit par agacer le Kremlin. On murmure que le président russe ne supporte pas ce jeune capitaliste qui se pavane dans les réceptions de la ville avec une armée de gardes du corps mieux équipés que les policiers d'Etat. Quand l'ego s'en mêle...

Les choses se précipitent en 2003. En février de cette année-là, une entrevue entre Vladimir Poutine et Mikhaïl Khodorkovski tourne à l'orage. Le magnat accuse la société d'Etat Rosneft de corruption. Il s'oppose à une taxation sur les sociétés privées. Surtout, l'homme d'affaires commet une série d'erreurs. Début 2003, il fonde un parti libéral en prévision des élections législatives. En avril, il annonce la fusion prochaine de Ioukos avec son concurrent Sibneft, créant le deuxième groupe pétrolier mondial. En août, il déclare être entré en négociations avec le groupe pétrolier américain ExxonMobil pour lui vendre une partie de Ioukos. Cette fois, la coupe est pleine.

Les premiers coups de semonce du pouvoir tombent en juillet avec l'arrestation de Platon Lebedev, l'un des plus proches associés de Mikhaïl Khodorkovski. Celui-ci a-t-il accéléré les négociations avec ExxonMobil pour se mettre à l'abri ? Très probablement. Mais ce projet va signer la perte de l'homme d'affaires. Au Kremlin, Vladimir Poutine ne veut en effet à aucun prix que l'affaire aboutisse. Afin d'éviter qu'un actif stratégique soit contrôlé par des intérêts étrangers, comme le veut la version officielle ? Faux prétexte ! Le président russe n'a-t-il pas donné un peu plus tôt sa bénédiction à l'entrée de British Petroleum dans le groupe TNK, dirigé il est vrai par l'un de ses proches, Mikhaël Friedman ? Ce que craint en fait Poutine, c'est que les 25 milliards de dollars qu'ExxonMobil verserait à Mikhaïl Khodorkovski pour prix d'une partie de ses actions dans Ioukos ne donnent à l'homme d'affaires une redoutable « puissance de feu » en prévision d'une campagne politique. En clair, Mikhaïl Khodorkovski doit être neutralisé sans délai.

La suite du scénario est écrite. Le 25 octobre 2003, quelques semaines avant les législatives, l'homme d'affaires est arrêté sur le tarmac d'un petit aéroport de Sibérie, ramené à Moscou et inculpé d'escroquerie et d'évasion fiscale. Cinq jours plus tard, 44 % du capital de Ioukos sont mis sous séquestre, prélude au gel de tous les actifs du groupe. Le dépècement du géant pétrolier au profit de proches du Kremlin est en route. L'« affaire Khodorkovski » commence...

TRISTAN GASTON-BRETON est historien d'entreprise

Les Echos, 4.08.2005

Pourquoi l'Observatoire?


L'arrestation du PDG de la compagnie pétrolière russe YUKOS Mikhail Khodorkovsky marque un tournant important dans l'histoire de la Russie contemporaine. Incarcéré le 25 octobre 2003, il a été condamné à l'issue d'un procès inquisitorial à huit ans de camp de travail.



M. Khodorkovsky durant son procès


Son directeur financier, Platon Lebedev, a reçu la même peine. La dureté de ce traitement, disproportionnée par rapport aux faits qui leur sont reprochés, laisse supposer des motifs politiques dans l'affaire YUKOS : Mikhail Khodorkovsky est en effet connu pour ses convictions libérales et pour le soutien financier qu'il a apporté aux partis d'opposition lors des dernières élections.
Parallèlement, la compagnie YUKOS dont il était également le principal actionnaire a été soumise à des redressements fiscaux successifs toujours plus exorbitants, qui ont servi de prétexte à confiscation de la plupart des actifs de la société.
Pour tenter de pallier un certain déficit d'information en langue française, je me propose de donner - dans la mesure de mon temps disponible - une couverture au jour le jour de ce qui est perçu en Russie comme "le procès du siècle".

L'Observatrice



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L'affaire Yukos sur Internet


Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky
Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky (en anglais et en russe)

Centre de presse de Platon Lebedev
Centre de presse de Platon Lebedev en anglais et en russe

SOVEST - Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky
Groupe "SOVEST" ("Conscience" en russe) : Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky (en français)

The Mikhail Khodorkovsky Society
The Mikhail Khodorkovsky Society (blog anglophone)

Yukos Shareholders Coalition
Coalition des actionnaires de Yukos pour poursuivre en justice le gouvernement russe (anglais)

Dossier du journal Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos
Dossier du journal d'opposition Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos (en russe)

Fond Mission libérale
Excellent site du Fond "Mission libérale" (en russe). Sur l'affaire Yukos et, beaucoup plus largement, sur le libéralisme en Russie

Bibliographie


Je vous propose une sélection de documents en français, anglais ou russe


Sur le procès et l'affaire Yukos

Patrick Klugman : En défense de Mikhail Khodorkovski

André Gluksmann : Mikhail Khodorkovski prisonnier de la verticale du pouvoir

Film BBC "Russian Godfathers 2: The Prisoner" (Youtube, en 6 parties)

Rapport d'experts étrangers sur le déroulement du procès (eng, .pdf, 81 KB)

Analyse des accusations par les avocats de la défense (eng, .pdf, 153 KB)

Sur Mikhail Khodorkovsky

"Le roi du pétrôle piégé par ses ambitions", Hélène Depic-Popovic, Libération, 27.10.2003

"La mutation d'un oligarque", Nathalie Nougayrède, Le Monde, 21.11.2003

"A falling Tsar", Chrystia Freeland, The Financial Times, 01.11. 03 (eng)

"Yukos, a Case Study" by Konstantin Korotov, Stanislav Shekshnia, Elizabeth Florent-Treacy and Manfred Kets de Vries, (eng, .pdf, 589 KB)

L'affaire Yukos dans :


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    En anglais

  • The Moscow News
  • Gazeta.ru - International Edition
  • The Moscow Times

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