23.11.04
La companie pétrolière chinoise CNPC serait "très intéressée" par une partie des actifs que Ioukos détient dans Iouganskneftegaz, à en croire une source de l'administration présidentielle russe citée mardi par le quotidien Vedomosti et reprise par l'AFP.
En effet, Ioukos va devoir mettre aux enchères 76,8% des actions de sa filiale Iouganskneftegaz le 19 décembre pour rembourser une partie de ses dettes fiscales.
Or, le pétrole est un enjeu majeur dans les relations Sino-Russe, et le Kremlin ne souhaite pas être trop dépendant de Pékin pour son pétrole sibérien. Ainsi, à Moscou, on réfléchit sur un projet d'oléoduc qui ne traverserait pas la Chine pour fournir les autres marchés de l'Asie orientale.
La companie pétrolière Slavneft avait déjà échappé à la CNPC en 2002, en raison de l'opposition des milieux politiques russes qui préfèreraient aujourd'hui que Gazprom ou un pool d'investisseurs russes reprennent les capitaux de l'entreprise défaillante.
Les companies Shell et Chevron Texaco auraient été approchées, toujours selon le Vedomsti, mais elles jugent risquée l'acquisition de ces actifs.
(Dépèche lue dans Le Point le 23.11.2004)
Derniers développements
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L'arrestation du PDG de la compagnie pétrolière russe
YUKOS Mikhail Khodorkovsky marque un tournant important dans l'histoire
de la Russie contemporaine. Incarcéré le 25 octobre 2003,
il a été condamné à l'issue d'un
procès inquisitorial à huit ans de camp de travail.
M. Khodorkovsky durant son procès
Son directeur financier, Platon Lebedev, a reçu la même peine.
La dureté de ce traitement, disproportionnée par rapport aux faits qui leur sont
reprochés, laisse supposer des motifs politiques dans l'affaire
YUKOS : Mikhail Khodorkovsky est en effet connu pour ses convictions
libérales et pour le soutien financier qu'il a apporté
aux partis d'opposition lors des dernières élections. Parallèlement, la
compagnie YUKOS dont il était également le principal
actionnaire a été soumise à des redressements
fiscaux successifs toujours plus exorbitants, qui ont servi de
prétexte à confiscation de la plupart des actifs de
la société. Pour tenter de pallier un
certain déficit d'information en langue française, je me
propose de donner - dans la mesure de mon temps disponible - une
couverture au jour le jour de ce qui est perçu en Russie comme
"le procès du siècle".
L'Observatrice
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