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4.3.09

Le Monde : Le Kremlin s'acharne contre l'ancien patron du groupe pétrolier Ioukos

Condamné en 2005 à huit ans de réclusion pour escroquerie et évasion fiscale, l'ancien patron de la compagnie pétrolière Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, doit désormais répondre à de nouvelles accusations de détournement de fonds et de blanchiment d'argent. Rapatrié de sa geôle sibérienne de Tchita le 24 février, l'homme de 45 ans a assisté à l'ouverture de son procès, mardi 3 mars, derrière une vitre blindée du tribunal moscovite de Khamovnitcheski.

Des centaines de policiers ont été mobilisées à l'occasion de la première journée d'audience, consacrée à des questions de procédure. Une dizaine de militants réclamant "la libération des prisonniers politiques" ont été interpellés devant le tribunal avant l'ouverture du procès.

Mikhaïl Khodorkovski est accusé d'avoir détourné 892 milliards de roubles (20 milliards d'euros) issus de la vente de pétrole en provenance de trois filiales de Ioukos, ainsi que d'avoir blanchi l'équivalent de 10 milliards d'euros. Selon le code pénal russe, vingt et une années supplémentaires de prison pourraient être ajoutées aux neuf qu'il a commencé à purger.

"Il n'y a pas de preuves", a déploré Vadim Kliouvgant, l'avocat principal de la défense, qui a demandé le renvoi de l'un des procureurs. "Ils ne cherchent pas à respecter la loi, mais tentent plutôt d'obtenir à tout prix ce pour quoi ils ont été mandatés." Selon les avocats de Khodorkovski, l'acte d'accusation n'est pas crédible: la quantité de pétrole que l'ancien patron de Ioukos est accusé d'avoir détourné dépasse la production totale de ses trois filiales pour la période concernée.

ENTREPRISE DÉPECÉE

Arrêté en 2003 et condamné en 2005 à l'occasion d'un procès jugé "politique", l'ancien riche oligarque opposé à Vladimir Poutine, ne faisait pas mystère à l'époque de ses ambitions politiques. Après son arrestation, Ioukos a été dépecée, et ses différentes structures reprises par des sociétés fidèles au Kremlin.

Le nouveau procès de Mikhaïl Khodorkovski, qui se déroule alors que Dmitri Medvedev célèbre le premier anniversaire de l'élection présidentielle qui l'a porté au pouvoir, aura-t-il lieu sous les mêmes auspices ? Lundi, M. Khodorkovski voulait croire que des "changements institutionnels positifs" étaient en cours, notamment pour la justice, "qui commence à agir comme une branche indépendante du pouvoir".

"Il y a certainement des divergences entre les différentes factions au Kremlin concernant Khodorkovski, estime le politologue Vladimir Pribylovski. Mais rien de suffisant pour ébranler le duo en place au sommet de l'Etat, même s'il y a fort à parier que Medvedev aurait souhaité ne pas ressasser cette affaire. Sauf que Medvedev n'est pas un homme politique indépendant, le numéro un reste Poutine."

M. Khodorkovski a commenté lundi le procès qui débute, disant que "le spectacle ne sera pas inintéressant". Vu les 3 500 pages de l'accusation, il sera de longue durée.

Alexandre Billette
3.3.09

AFP via L'Express : Russie: l'ex-magnat du pétrole Khodorkovski retrouve le banc des accusés

MOSCOU - L'ex-magnat du pétrole russe Mikhaïl Khodorkovski comparaît depuis mardi dans un nouveau procès que la défense présente comme un test de la volonté de réforme du système judiciaire affichée par le président Dmitri Medvedev.

L'ancien PDG du géant pétrolier Ioukos, déjà condamné à huit ans de prison en 2005 au terme d'un premier procès orchestré selon son entourage par le Kremlin, et son associé Platon Lebedev se sont serré la main en prenant place dans le box des accusés.

Changement de décor très symbolique pour cette nouvelle affaire dont chaque rebondissement sera scruté de près, une vitre blindée a remplacé la traditionnelle cage à barreaux.

Les premières audiences préliminaires, destinées à examiner des questions de procédure, se déroulent à huis clos. Elle doivent se poursuivre mercredi à partir de 11H30 (08H30 GMT).

L'ex-PDG et son associé comparaissent pour le détournement de pétrole à hauteur de 900 milliards de roubles (25 milliards de dollars) et le blanchiment des sommes tirées de la revente de ce brut, des accusations jugées "délirantes" par leurs avocats.

La défense, qui dénonce un nouvelle affaire politique, a réclamé le renvoi du procureur Dmitri Chokhine, déjà omniprésent dans le premier procès de M. Khodorkovski, une demande rejetée mardi par le juge.

"Ils veulent à tout prix arriver à leur fins (..) Ils n'ont aucune preuve. Comment pourrait-il y en avoir quand rien n'a été commis ?", a affirmé l'avocat Vadim Kliouvgant devant la presse.

Le premier procès a souvent été perçu comme inspiré par l'entourage de Vladimir Poutine, alors président, pour rétablir le contrôle de l'Etat sur de précieux actifs pétroliers et mettre au pas un oligarque aux ambitions politiques trop affirmées.

M. Khodorkovski, 45 ans, en manteau noir et en jeans, des lunettes fines sur le nez, a souri aux journalistes, mais n'a fait aucune déclaration.

"Honte", avait-il lancé un peu plus tôt en arrivant dans un fourgon blindé au tribunal, gardé par quelque 300 policiers et membres des forces spéciales, ont rapporté les agences russes.

Plusieurs sympathisants, qui protestaient contre le procès en scandant "Liberté pour Khodorkovski", ont été interpellés devant le tribunal, ont constaté des photographes de l'AFP.

Ce nouveau procès intervient un an après l'élection, le 2 mars 2008, de Dmitri Medvedev qui prône une plus grande indépendance de la justice mais dont la ligne reste floue dans cette affaire.

Semblant miser sur une nouvelle approche politique, M. Khodorkovski s'est félicité lundi de "changements institutionnels positifs" en Russie.

Au moment de l'arrivée de M. Medvedev au Kremlin en mai 2008, la défense de l'ex-PDG avait estimé que "les temps avaient changé". Mais les espoirs de libération anticipée de M. Khodorkovski sont restés jusqu'ici lettre morte.

Le libérer "reviendrait à remettre en question le partage du pouvoir et de la propriété instauré par l'équipe de Poutine", commentait mardi l'influent quotidien des affaires Vedomosti dans un éditorial.

L'ex-oligarque reste très impopulaire dans l'opinion, nombre de Russes lui reprochant de s'être enrichi illégalement à l'occasion des privatisations controversées des années 90.

AFP via Le Matin : Russie: l'ex-magnat Khodorkovski retrouve le banc des accusés

L'ex-PDG du géant pétrolier Ioukos Mikhaïl Khodorkovski et son associé Platon Lebedev comparaissent pour des détournements et des opérations financières illégales à hauteur de 900 milliards de roubles (25 milliards de dollars) entre 1998 et 2003.

L'ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, condamné à huit ans de prison en 2005 au terme d'un procès emblématique de l'ère Poutine, est à nouveau jugé depuis mardi pour une affaire dans laquelle il encourt de lourdes peines.

L'ancien PDG du géant pétrolier Ioukos, visiblement détendu, et son associé Platon Lebedev se sont serré la main en prenant place dans le box des accusés.

"L'audience est ouverte", a déclaré le président du tribunal, Viktor Danilkine. Cette audience préliminaire, destinée à examiner des questions de procédure, s'est ensuite tenue à huis clos.

Changement de décor très symbolique alors que la défense espère plus de transparence dans ce procès, un an après l'arrivée de Dmitri Medvedev au Kremlin, une vitre blindée a remplacé la traditionnelle cage à barreaux pour les accusés.

L'ex-PDG et son associé comparaissent pour des détournements et des opérations financières illégales à hauteur de 900 milliards de roubles (25 milliards de dollars), des accusations jugées "absurdes et délirantes" par la défense qui dénonce un procès politique.

Son précédent procès avait déjà été considéré par les milieux libéraux comme inspiré par l'entourage de Vladimir Poutine, alors président, pour rétablir le contrôle de l'Etat sur de précieux actifs pétroliers et mettre au pas un oligarque aux ambitions politiques trop affirmées.

M. Khodorkovski, 45 ans, arrivé en manteau noir et en jeans, des lunettes cerclées sur le nez, a souri aux journalistes depuis le box des accusés mais n'a fait aucune déclaration.

Un peu plus tôt, il avait crié "honte" en arrivant dans un fourgon blindé au tribunal, gardé par quelque 300 policiers et forces spéciales, ont rapporté les agences russes. Des sympathisants lui ont alors jeté des oeillets à travers les grilles entourant le bâtiment. Quatre d'entre eux, qui protestaient contre la tenue du procès, ont été interpellés devant le tribunal, a rapporté la radio Echo de Moscou.

Ce nouveau procès intervient un an jour pour jour quasiment après l'élection, le 2 mars 2008, de Dmitri Medvedev qui prône une plus grande indépendance de la justice, mais dont les intentions restent floues dans cette affaire.

Semblant espérer une nouvelle approche politique, M. Khodorkovski s'est félicité lundi de "changements institutionnels positifs" en Russie et a assuré que son nouveau procès serait un "spectacle non dénué d'intérêt".

A l'arrivée de Dmitri Medvedev à la présidence en mai 2008, la défense de l'ex-PDG avait déjà estimé que "les temps avaient changé". Mais les espoirs de libération anticipée de M. Khodorkovski, qui a déjà purgé plus de la moitié de sa peine, sont restés jusqu'ici lettre morte.

L'ex-oligarque reste très impopulaire dans l'opinion, nombre de Russes lui reprochant de s'être enrichi illégalement lors des privatisations controversées des années 90. Fils d'ingénieurs, lui-même diplômé en chimie, Mikhaïl Khodorkovski s'est construit un empire autour de la compagnie Ioukos qu'il acheta avec ses associés pour 390 millions de dollars et qui valait plus de 30 milliards de dollars lors de son arrestation en 2003.

Le groupe a depuis été démantelé et ses actifs revendus à des groupes publics russes.

L'ex-homme le plus riche de Russie et son associé ont été envoyés en Sibérie purger leur peine, près de la frontière chinoise. Ils ont été transférés à Moscou le 24 février en vue de ce nouveau procès.

L'ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, condamné à huit ans de prison en 2005 au terme d'un procès emblématique de l'ère Poutine, est à nouveau jugé depuis mardi pour une affaire dans laquelle il encourt de lourdes peines.

L'ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, condamné à huit ans de prison en 2005 au terme d'un procès emblématique de l'ère Poutine, est à nouveau jugé depuis mardi pour une affaire dans laquelle il encourt de lourdes peines.

L'ancien PDG du géant pétrolier Ioukos, visiblement détendu, et son associé Platon Lebedev se sont serré la main en prenant place dans le box des accusés.

Libération : Russie: le magnat Khodorkovski de nouveau devant les juges

L’ex-PDG du géant pétrolier Ioukos comparait pour des détournements et des opérations financières illégales à hauteur de 25 milliards de dollars. Mais le procès est aussi éminemment politique

Mikhaïl Khodorkovski de nouveau à la barre. Le second procès de l’ex-magnat du pétrole russe, déjà condamné à huit ans de prison en 2005 s’est ouvert ce mardi à Moscou. Il encourt plus de 20 ans supplémentaires pour des malversations à grande échelle, La première audience, préliminaire, doit examiner avant tout des questions de procédure.

L’ex-PDG du géant pétrolier Ioukos et son associé Platon Lebedev comparaissent pour des détournements et des opérations financières illégales à hauteur de 900 milliards de roubles (25 milliards de dollars) entre 1998 et 2003.
Des sympathisants lui jettent des œillets

Khodorkovksi, 45 ans, a crié «honte» en arrivant dans un fourgon blindé au tribunal. Des sympathisants lui ont alors jeté des œillets à travers les grilles entourant le bâtiment.

Son précédent procès a souvent été perçu comme inspiré par l’entourage de Vladimir Poutine, alors président, pour rétablir le contrôle de l’Etat sur de précieux actifs pétroliers et mettre au pas un oligarque aux ambitions politiques trop affirmées. Dmitri Medvedev prône, lui, une plus grande indépendance de la justice mais ses intentions restent floues dans cette affaire.
Des «changements institutionnels positifs» en Russie

Semblant espérer une nouvelle approche politique, Mikhaïl Khodorkovski s’est félicité ce lundi de «changements institutionnels positifs» en Russie et a assuré que son nouveau procès serait un «spectacle non dénué d’intérêt». A l’arrivée de Medvedev à la présidence en mai 2008, la défense de l’ex-PDG avait déjà estimé que «les temps avaient changé». Mais les espoirs de libération anticipée sont restés jusqu’ici lettre morte.

L’ex-oligarque qui a déjà purgé plus de la moitié de sa peine reste très impopulaire dans l’opinion, nombre de Russes lui reprochant de s’être enrichi illégalement lors des privatisations controversées des années 90.

Le Monde : "Tout est fait pour que Mikhaïl Khodorkovski ne sorte pas de prison"

'ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski est arrivé, mardi 3 mars, au tribunal de Khamovnitcheski à Moscou, où il devra répondre de détournement de fonds et blanchiment d'argent. Le parquet accuse Mikhaïl Khodorkovski, 45 ans, et son associé Platon Lebedev, d'avoir détourné près de 900 milliards de roubles (20 milliards d'euros) et blanchi 500 milliards de roubles, entre 1998 et 2003, des charges qui pourraient lui valoir vingt-deux années supplémentaires derrière les barreaux.

Ce procès sera un test de la volonté affichée par le président russe, Dmitri Medvedev, de réformer un système judiciaire corrompu, estime la défense de l'ex-patron du groupe pétrolier Ioukos. Autrefois l'homme le plus riche de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, qui comparaît pour une audience préliminaire, a déjà purgé dans la prison de Tchita, en Sibérie, près de la frontière chinoise, la moitié des huit ans de prison auxquels il a été condamné en 2005 pour évasion et fraude fiscales. Il n'était plus venu dans la capitale russe depuis la fin 2005.

"TOUT EST FAIT POUR QU'IL NE SORTE PAS"

L'homme aux fines lunettes et aux cheveux ras, aujourd'hui âgé de 45 ans, est souvent présenté par les détracteurs du Kremlin comme un prisonnier politique, coupable avant tout d'avoir affiché trop d'indépendance et d'ambitions politiques face à Vladimir Poutine.

"Sans ce deuxième procès, Mikhaïl Khodorkovski devait retrouver la liberté en 2011, un an avant la prochaine élection présidentielle. Aujourd'hui, tout est fait pour qu'il ne sorte pas de prison", rappelle Marie Jégo, correspondante du Monde à Moscou.

Le procureur général Iouri Tchaïka estime que la culpabilité de MM. Khodorkovski et Lebedev ne fait "aucun doute". Ce procès intervient un an après l'élection au Kremlin de Dmitri Medvedev, dont l'attitude dans ce dossier reste floue et dont certains continuent d'attendre plus d'indulgence que de son prédécesseur Vladimir Poutine.

"C'est un cas d'une grande importance parce qu'il dira à chacun de nous où va la Russie", a déclaré Robert Amsterdam, l'avocat de Mikhaïl Khodorkovski, joint par téléphone à Londres. "Le fait que le président russe ait dénoncé le nihilisme judiciaire place ce processus dans un nouveau contexte", a-t-il ajouté.

Pour Marie Jégo, si une majorité de Russes continuent de voir en Mikhaïl Khodorkovski "un oligarque impopulaire qui a gagné beaucoup d'argent dans le cadre des privatisations de l'époque Eltsine", l'intelligentsia éprouve de plus en plus "une forme de sympathie à son égard".

Le Figaro : Khodorkovski promet «du spectacle» à son procès

Les audiences préliminaires du second procès de l'ancien PDG de Ioukos, qui fut le plus puissant groupe pétrolier du pays, s'ouvrent aujourd'hui à Moscou.

Près de quatre ans après sa condamnation pour fraude et évasion fiscales, Mikhaïl Khodorkhov­ski doit faire face à de nouvelles accusations de «détournement de biens», «détournement de fonds» et «opérations financières illégales».

«Je vous promets la transparence et la clarté. Je n'esquiverai pas. Je vous garantis qu'il va y avoir du spectacle.» C'est ce que Khodorkovski a confié ce week-end à ses avocats à l'adresse des journalistes qu'il ne peut rencontrer. Même accoutrement - fines lunettes, jean, sweat-shirt - et même combativité affichée, comme pour mieux narguer ce pouvoir qui l'a envoyé croupir dans le camp sibérien de Tchita, à quinze détenus par cellule et deux visites de trois heures par mois.

Arrêtés à l'automne 2003 pour fraude et évasion fiscales, condamnés en 2005 à huit ans de travaux forcés, Khodorkovski et son ancien associé, Platon Lebedev, sont aujourd'hui accusés d'avoir volé 102 millions de dollars de parts de Ioukos et 350 millions de tonnes de pétrole brut pour un montant de 25 milliards de dollars.

Cela implique que les deux hommes auraient volé et blanchi la totalité de la production de pétrole des filiales de Ioukos six années durant. «Ce sont des accusations totalement folles. L'instruction piétine l'État de droit !», hurle l'avocat canadien Robert Amsterdam, joint lundi à Londres faute de pouvoir se rendre à Moscou.

«Violations de la procédure»

«J'ai eu accès aux quatorze tomes du dossier. Il n'y a là aucun respect des lois, aucune logique. C'est une nouvelle fois une instruction à charge», martèle Vadim Kliouvgant, l'avocat russe qui suit spécialement cette nouvelle enquête ouverte il y a deux ans.

«Avocats intimidés, témoins emprisonnés... Longue est la liste des violations de la procédure. Ce procès ne devrait même pas pouvoir se tenir tant il est entaché d'irrégularités !», dénonce Robert Amsterdam, qui réclame l'annulation du procès. «J'attends de voir ce qui va transpirer de ces audiences préliminaires, mais après plus de cinq ans sur cette affaire, et après tant de souffrances, je ne pense pas que quiconque puisse se permettre d'espérer», confie encore l'avocat canadien.

Dans sa chute, Khodorkovski a entraîné tous ses fidèles. Après trois ans de prison, son ancien vice-président, Vassili Aleksanian, atteint du sida et d'un cancer, a été libéré sous caution en décembre. «Libéré» signifie que ses gardes ont quitté la chambre où il est toujours hospitalisé. Svetlana Bakhmina, l'ancienne juriste du groupe, n'a pas eu cette chance. Condamnée en 2004 à six ans et demi de prison pour complicité de vol et de fraude fiscale, elle vient d'accoucher en prison de son troisième enfant. Une pétition pour sa libération rassemble 93 588 signatures, mobilisation rare dans un pays où l'oligarque déchu et ses associés sont toujours considérés comme des voleurs.

La dernière étude de l'institut Levada, réalisée en octobre à l'occasion du cinquième anniversaire de l'arrestation de Khodor­kovski, révèle que seuls 7 % des sondés lui témoignent de «la sympathie et du respect» tandis que la majorité déclare ne pas s'intéresser à son affaire.

En 2003, au moment des premières arrestations, Maria Lipman, du Centre Carnegie de ­Moscou, écrivait : «Une fois que Poutine lui aura montré qui était le chef et l'aura dépossédé de ses millions, on peut espérer qu'il se calme.» Mais on ne calme pas si aisément Vladimir Poutine : «Je crains d'avoir été bien trop optimiste, reconnaît-elle aujourd'hui. Même si Poutine n'est plus président, il est toujours celui qui décide. Tant qu'il sera aux affaires, Khodorkovski croupira en prison. Poutine n'est pas de ceux qui oublient.»

En janvier, la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg a accepté d'examiner la plainte déposée par les anciens actionnaires de Ioukos. Ils accusent le gouvernement russe de s'être illégalement emparé de l'entreprise (démantelée au profit du groupe d'État Rosneft) et réclament plus de 30 millions d'euros.

Une décision qui réconforte quelque peu Robert Amsterdam : «En ces temps de crise économique mondiale, grande est la tentation de faire l'impasse sur les droits de l'homme. Je pense au contraire qu'il est temps de retourner aux fondamentaux car ce sont les dérives de l'État de droit qui nous ont menés dans l'impasse.»

Madeleine Leroyer, à Moscou
2.3.09

Gazeta.ru via Courrier International : Dmitri Medvedev à l'épreuve de l'affaire Ioukos

Le second procès Ioukos s'ouvre le 3 mars à Moscou. Il offre au nouveau président russe l'occasion de rompre avec l'époque de son prédécesseur. Cependant, rien ne permet de dire s'il est prêt à oublier les méthodes de Vladimir Poutine.

Le second procès Ioukos est le premier procès Ioukos de l'ère Medvedev. C'est aussi une preuve flagrante que cette ère n'a toujours pas débuté, et que nous sommes encore dans l'ère Poutine. Quoi qu'il en soit, si les choses se déroulent comme la première fois, c'est bien le jeune président qui sera éclaboussé par cette affaire. Et il promet d'être intéressant, ce second procès. Tout d'abord, il se déroule à Moscou, au tribunal de Khamovniki [nom d'un quartier de la capitale], ce qui signifie que la presse n'aura pas à aller au bout du monde pour en rendre compte [certaines audiences judiciaires avaient eu lieu en Sibérie orientale].

Pour l'accusation, manifestement, la solution idéale serait que le procès se tienne sans témoins, sans avocats et sans couverture médiatique. Il serait alors plus simple d'accuser l'ancien PDG de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, et son ex-associé, Platon Lebedev, d'avoir, entre 1998 et 2003, fait disparaître 350 millions de tonnes de pétrole. Selon les chiffres officiels, Ioukos et ses trois filiales auraient extrait en tout 347 millions de tonnes d'or noir durant cette fameuse période. Cela voudrait dire qu'ils auraient détourné l'ensemble de leur production, et même un peu plus. L'argent que représente ce pétrole volé équivaudrait, d'après l'instruction, aux bénéfices de la société sur cette période.

Mais, au fait, avec quoi ont-ils payé pour les années concernées près de 17 milliards de dollars d'impôts, une somme que la justice a trouvée insuffisante, ce qui a constitué l'objet du procès précédent [en 2005] et le moyen d'anéantir Ioukos ? Si je comprends bien, ce dont on accuse aujourd'hui Khodorkovski est en totale contradiction avec le verdict du premier procès : il aurait volé tout l'argent gagné entre 1998 et 2003, alors qu'on l'a condamné pour ne pas avoir payé tous ses impôts. Du coup, à quoi riment les huit années d'emprisonnement qu'il est en train de purger ? Des gens intelligents m'ont répété que le pouvoir a maintenant bien d'autres soucis que Khodorkovski, et qu'il doit avant tout s'occuper de la crise. C'était ce que je pensais aussi. En effet, ce deuxième procès a lieu dans un pays qui n'a plus rien à voir avec celui du premier. A l'époque, le prix du pétrole s'emballait, le pouvoir jouait sur du velours, les gens avaient du travail, des revenus, ils étaient contents de leurs dirigeants, et aucun des dix plus grands oligarques n'avait été mis en prison. Mais au fond, peut-être que, dans la grave situation actuelle, un nouveau procès mettant en cause un oligarque tombe à pic ? Comme me l'a dit récemment un de mes collègues, le pouvoir dispose toujours, au pire, d'une formule qui a fait ses preuves : "Sus aux oligarques".

Pourtant, j'ai l'impression que même une foule avide de grand spectacle aura du mal à comprendre pourquoi on monte un nouveau show en reprenant les mêmes acteurs, qui sont déjà en détention et dont on ne peut plus rien tirer. La Russie est dirigée par deux juristes [telle est la formation universitaire de Medvedev et Poutine]. Poutine, on le connaît à peu près. Mais Medvedev ? Je l'ai déjà dit et je le répète, ce n'est pas "son affaire", et pourtant elle le deviendra dès l'ouverture du procès devant le tribunal de Khamovniki. Je ne pense pas que Dmitri Medvedev ait rêvé de cela. Mais c'est ainsi. Il sera jugé, entre autres, sur ce qui se passera lors du deuxième procès de Khodorkovski et de Lebedev, par les élites russes et étrangères. Et même, dans une certaine mesure, par une partie des simples citoyens, ceux qui réfléchissent et qui, depuis plusieurs mois, ont perdu le réflexe de manifester une joie infantile à propos de chaque décision du gouvernement. Quelle que soit la vraie structure du pouvoir, il tente de faire croire qu'il a deux visages. Avec le tribunal de Khamovniki qui reprend le rôle du tribunal de Basmanny [autre quartier de Moscou, où avait eu lieu le premier procès], cette illusion vole en éclats.

On peut toutefois ne pas réitérer l'erreur de Poutine. Celle-ci a entraîné un très grand nombre d'erreurs connexes qui ont mené le pays dans la siutation actuelle. Medvedev peut encore fixer ses propres priorités, en préférant, par exemple, le droit au populisme. Il a encore le choix, à condition bien sûr que ce soit effectivement lui qui rédige l'histoire de sa présidence.

Natalia Guévorkian

AFP via Le Figaro : Khodorkovski : "changements" en Russie

L'ex-patron du groupe pétrolier russe Ioukos Mikhaïl Khodorkovski a fait état de "changements institutionnels positifs" en Russie et promis que son nouveau procès, qui s'ouvre mardi, ne serait pas "inintéressant". "A en juger d'après la prison à Moscou et les programmes de télévision disponibles (...), des indices de changements institutionnels positifs sont visibles", souligne dans un communiqué l'homme qui fut le plus riche de Russie, déjà condamné à huit ans de prison en 2005.
Parmi ces changements, il note "les tentatives d'apparition d'une véritable opposition, la réaction raisonnable d'une partie des élites politiques aux évènements internationaux et le fait que le système judiciaire commence à se considérer comme une branche indépendante du pouvoir". "Il y a en même temps des tendances contraires", a-t-il ajouté sans plus de précisions.
Parlant de son prochain procès, Khodorkovski a mystérieusement promis "un spectacle qui ne sera pas dénué d'intérêt". " De mon côté, je garantis d'être ouvert, clair et de ne pas faire le malin", a-t-il dit. Khodorkovski et son ex-associé Platon Lebedev, qui purgeaient leur peine en Sibérie, ont été transférés le 24 février à Moscou. Ils doivent y être jugés pour "détournement de biens", "détournement de fonds" et pour des "opérations financières illégales".
L'ex-PDG avait été condamné en 2005 pour fraude fiscale et escroquerie à grande échelle. Ce premier procès avait été dénoncé par les libéraux russes et à l'étranger comme inspiré par le Kremlin pour rétablir le contrôle de l'Etat sur de précieux actifs pétroliers et mettre au pas un homme d'affaires manifestant des ambitions politiques.

Pourquoi l'Observatoire?


L'arrestation du PDG de la compagnie pétrolière russe YUKOS Mikhail Khodorkovsky marque un tournant important dans l'histoire de la Russie contemporaine. Incarcéré le 25 octobre 2003, il a été condamné à l'issue d'un procès inquisitorial à huit ans de camp de travail.



M. Khodorkovsky durant son procès


Son directeur financier, Platon Lebedev, a reçu la même peine. La dureté de ce traitement, disproportionnée par rapport aux faits qui leur sont reprochés, laisse supposer des motifs politiques dans l'affaire YUKOS : Mikhail Khodorkovsky est en effet connu pour ses convictions libérales et pour le soutien financier qu'il a apporté aux partis d'opposition lors des dernières élections.
Parallèlement, la compagnie YUKOS dont il était également le principal actionnaire a été soumise à des redressements fiscaux successifs toujours plus exorbitants, qui ont servi de prétexte à confiscation de la plupart des actifs de la société.
Pour tenter de pallier un certain déficit d'information en langue française, je me propose de donner - dans la mesure de mon temps disponible - une couverture au jour le jour de ce qui est perçu en Russie comme "le procès du siècle".

L'Observatrice



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Khodorkovsky - LE FILM.

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L'affaire Yukos sur Internet


Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky
Centre de Presse de Mikhail Khodorkovsky (en anglais et en russe)

Centre de presse de Platon Lebedev
Centre de presse de Platon Lebedev en anglais et en russe

SOVEST - Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky
Groupe "SOVEST" ("Conscience" en russe) : Groupe de soutien à Mikhail Khodorkovsky (en français)

The Mikhail Khodorkovsky Society
The Mikhail Khodorkovsky Society (blog anglophone)

Yukos Shareholders Coalition
Coalition des actionnaires de Yukos pour poursuivre en justice le gouvernement russe (anglais)

Dossier du journal Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos
Dossier du journal d'opposition Novaya Gazeta sur l'affaire Yukos (en russe)

Fond Mission libérale
Excellent site du Fond "Mission libérale" (en russe). Sur l'affaire Yukos et, beaucoup plus largement, sur le libéralisme en Russie

Bibliographie


Je vous propose une sélection de documents en français, anglais ou russe


Sur le procès et l'affaire Yukos

Patrick Klugman : En défense de Mikhail Khodorkovski

André Gluksmann : Mikhail Khodorkovski prisonnier de la verticale du pouvoir

Film BBC "Russian Godfathers 2: The Prisoner" (Youtube, en 6 parties)

Rapport d'experts étrangers sur le déroulement du procès (eng, .pdf, 81 KB)

Analyse des accusations par les avocats de la défense (eng, .pdf, 153 KB)

Sur Mikhail Khodorkovsky

"Le roi du pétrôle piégé par ses ambitions", Hélène Depic-Popovic, Libération, 27.10.2003

"La mutation d'un oligarque", Nathalie Nougayrède, Le Monde, 21.11.2003

"A falling Tsar", Chrystia Freeland, The Financial Times, 01.11. 03 (eng)

"Yukos, a Case Study" by Konstantin Korotov, Stanislav Shekshnia, Elizabeth Florent-Treacy and Manfred Kets de Vries, (eng, .pdf, 589 KB)

L'affaire Yukos dans :


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    Presse sur internet

    En anglais

  • The Moscow News
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